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Les 500

Les critiques de [MV]

Nombre de critiques: 154

Il était une fois en Amérique

(Once Upon a Time in America)
Il était une fois en Amérique

Réalisateur: Sergio LEONE

avis:

 
 

c'est : une méditation poétique sur le temps qui passe, la loyauté et la perte, révélant un manque de valeurs intrinsèques chez certains personnages. Sergio Leone utilise une structure narrative non linéaire pour explorer comment les choix du passé continuent de résonner dans le présent, soulignant ainsi l'inexorabilité du temps et ses effets sur les vies humaines.

Le film met en lumière les thèmes de la loyauté et de la trahison, montrant comment ces valeurs sont mises à l'épreuve par l'ambition et les faiblesses personnelles. Les personnages principaux  incarnent cette lutte entre le respect des principes et les failles morales qui conduisent à la trahison.

La perte, omniprésente dans le film, est illustrée par la disparition des idéaux et des relations qui semblaient autrefois indestructibles. Leone capture cette mélancolie, chaque image semble imprégnée de nostalgie et de regret, reflétant les conséquences des choix individuels.

Et surtout, c'est : une sonnerie de télephone qui résonne à travers différentes époques comme un fantôme. Un appel qui n’aboutit jamais, une voix qu’on n’entendra plus, le symbole parfait de ce qui est désormais et à jamais hors d’atteinte.

 

 

Date: 1984

Sept Ans de réflexion

(The Seven Year Itch)
Sept Ans de réflexion

Réalisateur: Billy WILDER

avis:

 
c'est :  la dichotomie homme-femme, c'est une critique subtile des rôles traditionnels attribués à chaque sexe dans les années 1950. Marilyn Monroe, dans son rôle, incarne cette tension avec une présence à l'écran qui oscille entre l'objet de désir et l'individu complexe, défiant ainsi les attentes simplistes de son personnage.

La technique narrative de Billy Wilder, comme à l'accoutumée utilisent l'humour et le dialogue pour souligner les inégalités et les malentendus entre les hommes et les femmes comme lorsque son mythomane de voisin prend ses rêves pour des réalités alors qu’elle ne pense qu’à la manière dont elle va pouvoir se faire rembourser son ventilateur.

Marylin Monroe, avec son mélange unique de naïveté de séduction et de perspicacité, devient le catalyseur qui expose les contradictions et les hypocrisies des attentes sociales de l'époque.

Et surtout, c'est : la certitude que Marylin Monroe c'est mieux que la vie.

Date: 1955

La Dame du vendredi

(His Girl Friday)
La Dame du vendredi

Réalisateur: Howard HAWKS

avis:

 

c'est : LA comédie, elle se distingue par son rythme effréné et ses dialogues explosifs, deux caractéristiques emblématiques du style de Howard Hawks. Le film, emporté par l'énergie cinétique de ses acteurs et de ses situations, utilise la vitesse non seulement comme un outil comique, mais aussi comme un moyen de révéler  la profondeur de ses personnages. Chaque réplique, chaque échange, est un feu d'artifice verbal qui captive et enchante.

Au cœur de ce maelström  se trouve la figure féminine centrale, interprétée par Rosalind Russell. Son personnage, ambitieux et déterminé, incarne une femme qui a réussi dans un monde d'homme mais qui finit par céder aux injonctions sociales en se cantonnant aux rôles traditionnels dévolus aux femmes. Cette tension entre ses aspirations et les barrières qu'elle s'impose transcende la comédie : l'humour et l'esprit y servent de véhicules à une exploration plus large des dynamiques de pouvoir et de genre.

Et surtout, c'est : une célébration du talent et de la classe de Cary Grant.

Date: 1940

Un jour sans fin

(Groundhog Day)
Un jour sans fin

Réalisateur: Harold RAMIS

avis:

c'est : une exploration de la répétition de l'accumulation comme outil de transformation personnelle, où la technique narrative sert de miroir aux émotions et aux évolutions du personnage principal. Le film utilise la boucle temporelle pour creuser profondément dans les thèmes de la rédemption et de la croissance personnelle, tout en offrant une réflexion poétique sur le temps et les relations humaines.

Sur un plan personnel, ce film résonne profondément avec l'idée que chaque jour est une nouvelle chance de se réinventer et de faire mieux. La technique narrative, en répétant inlassablement la même journée, met en lumière les petites choses de la vie qui comptent vraiment, et comment nos actions peuvent avoir un impact sur les autres.

Et surtout, c'est : Bill Murray, qui oscille entre cynisme et vulnérabilité (comment peut-on ne pas aimer Bill Murray?) 

 

 

 

Date: 1993

Dans la peau de John Malkovich

(Being John Malkovich)
Dans la peau de John Malkovich

Réalisateur: Spike JONZE

avis:

C'est : un  film, vu à l’Arvor en 1999, qui m’a marqué par sa façon de disséquer l’identité et la quête de sens, non pas comme une abstraction, mais comme une obsession concrète, physique. L’idée de pouvoir habiter l’esprit d’un autre, ne serait-ce qu’un instant, n’est pas qu’un ressort narratif, c’est un miroir tendu à notre propre désir de fuir qui nous sommes. Qui n’a jamais rêvé d’être un autre, plus brillant, plus accompli, ou simplement moins insatisfait ? C'est aussi une ironie cruelle, car, même dans la peau d’un autre, on  trouve que les mêmes doutes, les mêmes limites.

Sur un plan personnel, le film résonne avec cette quête universelle de sens et d'accomplissement. Il met en lumière le vain désir d'échapper à soi-même, de transcender les limites de notre propre identité pour expérimenter une existence différente, plus épanouissante. Cette quête, bien que souvent vaine, est profondément humaine, parce qu’elle révèle notre incapacité à nous contenter de ce que nous sommes.

Et surtout, c’est :  John Malkovich jouant une version déformée de lui-même, un homme pris dans le regard des autres et le sien propre, où l’identité se fragmente entre ce qu’on croit être, ce qu’on voudrait être, et ce que les autres voient

 

Date: 1999

Mulholland drive*

Mulholland drive*

Réalisateur: David LYNCH

avis:

c'est : une plongée hypnotique dans les méandres de l'esprit humain et les illusions d'Hollywood, où David Lynch tisse une toile complexe de mystère et de fascination. Un film onirique qui défie les conventions narratives, utilisant des images et des sons pour créer une atmosphère à la fois envoûtante et déstabilisante. Lynch exploite la puissance du cinéma pour brouiller les frontières entre rêve et réalité, un monde où rien n'est tout à fait ce qu'il semble être.

Et surtout, c'est :  Naomi Watts 

Date: 2001

Le mécano de la Générale*

(The General)
Le mécano de la Générale*

Réalisateur: Buster KEATON

avis:

c'est :  la relation entre le timing comique et la mécanique au sens propre du terme des gags, où chaque mouvement est synchronisé pour créer un effet à la fois hilarant et impressionnant. Buster Keaton utilise la précision des engrenages et des mécanismes pour orchestrer des séquences qui semblent défier les lois de la physique. Les gags, souvent basés sur des interactions complexes avec la locomotive et ses composants, reflètent une compréhension de la mécanique, transformant la technologie en un partenaire de comédie.

Et c'est surtout : La locomotive, avec ses pistons, ses roues et sa vapeur, devient une extension des mouvements de Keaton, chaque action étant parfaitement synchronisée avec le rythme mécanique de la machine.

 

Date: 1926

Monty Python : Sacré Graal !

(Monty Python and the Holy Grail)
Monty Python : Sacré Graal !

Réalisateur: Terry GILLIAM

avis:

c'est : une parodie hilarante et audacieuse du genre médiéval et des récits arthuriens. Le film utilise l'humour pour déconstruire les mythes et les quêtes héroïques, mettant en lumière la futilité et l'absurdité de la recherche de sens dans un monde  dénué de logique.

C'est une quête de sens de la vie, où chaque scène est une occasion de rire des prétentions humaines et des récits mythiques que nous suivons aveuglément. 


Et surtout, c'est : la fin la plus extraordinaire de toute l'histoire du cinéma.

 

 

Date: 1975

Les 39 marches*

(The 39 Steps)
Les 39 marches*

Réalisateur: Alfred HITCHCOCK

avis:

C'est : la scène du pont du Forth d'Édimbourg, où Hitchcock utilise des angles de caméra audacieux pour accentuer le danger et l'urgence de la situation. La technique de tournage sur le pont, avec ses plans larges et ses mouvements de caméra fluides, montre la beauté plastique et la technicité du pont, mais aussi l'isolement et la vulnérabilité des personnages.

Le film se distingue également par la symbiose entre Robert Donat et Madeleine Carroll. Leur alchimie à l'écran est électrique : de la méfiance initiale naît une complicité profonde, alors qu'ils sont tous deux entraînés dans une quête désespérée pour la survie et la vérité. Hitchcock développe cette relation avec brio, mêlant dialogues percutants et moments de tension silencieuse, où les regards et les expressions valent souvent mieux que les mots.

Et surtout, c'est : la force et la détermination de la jeune femme. Son personnage est bien plus qu'une simple compagne pour le héros ; elle est une partenaire égale, intelligente et résiliente, qui apporte une profondeur et une complexité supplémentaires à l'histoire. Carroll incarne une femme qui refuse d'être une victime, utilisant sa ruse et son courage pour naviguer dans un monde dangereux.

Date: 1935

Monsieur Klein*

Monsieur Klein*

Réalisateur: Joseph LOSEY

avis:

c'est : une exploration des thèmes de l'identité, de la culpabilité et de l'inéluctabilité du destin. Le film, plonge le spectateur dans une atmosphère de tension où chaque scène semble inexorablement mener vers une conclusion terrible. Cet homme qui se retrouve pris dans un engrenage de circonstances et d'événements qui le dépassent, illustrant comment, une fois le doigt coincé dans l'engrenage, il est impossible de s'en échapper.

Le récit est une méditation sur la nature inévitable de certaines réalités, où même si l'on entrevoit une fin terrible, on est emporté sans pouvoir s'arrêter. Cette sensation d'inéluctabilité est renforcée par une atmosphère de claustrophobie. Les personnages, bien que conscients des dangers qui les entourent, semblent impuissants à changer le cours des événements, capturant ainsi l'essence même de la tragédie.

Et surtout, c'est : l'humain face à des forces qui le dépassent, une capture de l'angoisse et de l'impuissance face à l'inévitable.

 

Date: 1976

Fantastic Mr. Fox

Fantastic Mr. Fox

Réalisateur: Wes ANDERSON

avis:

c'est : une incroyable incarnation de traits humains dans des personnages animaux, où chaque créature est dotée de caractéristiques et de personnalités profondément humaines. Wes Anderson utilise cette transposition pour explorer des thèmes complexes à travers une narration  captivante. L'animation, avec son style unique et distinctif, permet de donner vie à ces personnages de manière à la fois visuellement frappante et émotionnellement marquante.

Le film transpose la technique des plateaux d'Anderson dans un monde animé, capturant son style visuel signature avec des décors minutieusement conçus et des mouvements de caméra précis. Cette approche crée une atmosphère de sérénité et de calme, reflétant la nature rusée et tranquille du personnage renard.

Et surtout, c'est : une célébration de la ruse et de l'intelligence, où la perspicacité et la stratégie sont utilisées pour surmonter les défis.

Date: 2009

Les hommes du président*

(All the President's Men)
Les hommes du président*

Réalisateur: Alan J. PAKULA

avis:

c'est : une démonstration de linéarité exemplaire qui permet de saisir et d'appréhender une histoire très complexe. Alan J. Pakula, utilise une narration claire et méthodique pour guider le spectateur à travers les méandres de l'affaire du Watergate. Cette approche narrative permet de rendre accessible une intrigue dense et détaillée, tout en maintenant un rythme captivant qui retient l'attention du début à la fin.

Le film explore également la figure tutélaire ignoble et non visible de Nixon, un personnage dont la présence plane sur l'histoire sans jamais être directement confrontée. Cette représentation subtile et insidieuse de Nixon ajoute une couche de tension et de mystère, soulignant l'impact d'un pouvoir corrompu et caché sur les événements et les personnages.

Le film est aussi un marqueur  des années 70 au cinéma, avec une esthétique visuelle et une ambiance qui reflètent l'époque de manière authentique et immersive.

Et surtout, c'est : l'histoire de ce duo, incarné par Robert Redford et Dustin Hoffman, qui s'appréhende mutuellement au fur et à mesure des découvertes. Leur dynamique, marquée par des différences de personnalité et de style, devient une force motrice du récit, illustrant comment deux individus peuvent se compléter et s'élever mutuellement face à l'adversité.

Date: 1976

Taxi Driver*

Taxi Driver*

Réalisateur: Martin SCORSESE

avis:

c'est : une plongée dans l'ambiance glauque de New York, où chaque rue et chaque coin semble imprégné d'une mélancolie profonde et d'un sentiment de désespoir. Martin Scorsese utilise la ville comme un personnage, reflétant la solitude et l'aliénation de son protagoniste, Travis Bickle. New York, avec ses lumières néon et ses ombres menaçantes, devient le décor parfait pour explorer les thèmes de l'isolement et de la déchéance urbaine.

Le film explore la mélancolie de l'impossibilité de se réaliser pleinement, capturant la lutte intérieure de Travis alors qu'il tente de trouver un sens à sa vie dans un monde qui semble indifférent à sa souffrance. Cette quête de réalisation de soi est marquée par une tension constante entre le désir de connexion humaine et l'incapacité de Travis à s'intégrer dans la société. Sa tentative de faire quelque chose pour améliorer sa situation, aussi désordonnée et violente soit-elle, reflète un désir désespéré de trouver une forme de rédemption ou de but.

Et surtout, c'est : une démonstration de la solitude et de la quête de sens dans un monde chaotique. et comment les individus peuvent être poussés à des extrémités dans leur recherche de connexion et de signification. Le film est une réflexion poignante sur la condition humaine et les limites de la réalisation de soi dans un environnement hostile.

 

Date: 1976

Eraserhead

Eraserhead

Réalisateur: David LYNCH

avis:

c'est : une plongée hypnotique dans un univers d'isolement, d'angoisse et d'étrangeté, où David Lynch utilise la beauté du noir et blanc pour créer une atmosphère à la fois onirique et déstabilisante.   

C'est une utilisation du temps long dans certains plans, créant une sensation de tension et d'appréhension qui enveloppe le spectateur. Ces plans prolongés, qui capture des moments de silence ou d'action minimale, permettent à l'atmosphère de s'installer pleinement, rendant chaque détail visuel et sonore d'autant plus frappant. 

Et surtout, c'est : un monde où la beauté et l'horreur coexistent dans une danse macabre et envoûtante, le tout enveloppé dans une esthétique visuelle qui reste gravé à jamais dans ma mémoire.

Date: 1977

Les Duellistes

(The Duellists)
Les Duellistes

Réalisateur: Ridley SCOTT

avis:

c'est : Cette quête obsessionnelle, paraissant dénuée de logique, mais qui est profondément enracinée dans l'esprit des personnages, où des concepts tels que l'honneur et la vengeance deviennent les seuls moteurs de leurs actions le tout magnifié par une photographie avec un grain visuel caractéristique des années 70  aui ajoute une texture riche et une profondeur historique à l'image.

Et surtout, c'est : une réflexion sur la manière dont les individus sont souvent guidés par des forces internes qui transcendent la logique externe, les poussant vers des actions qui, bien que potentiellement destructrices, sont perçues comme nécessaires et inévitables même lorsque ces quêtes mènent à des conséquences tragiques.

 
 

Date: 1977

Citizen Kane*

Citizen Kane*

Réalisateur: Orson WELLES

avis:

c'est : l'ambition et  la démesure, illustrant l'ampleur de l'optimisme effréné que permettent les États-Unis à certains de leurs citoyens. Le film, capture l'essence du rêve américain à travers le personnage de Charles Foster Kane, un homme dont les aspirations et le dynamisme semblent sans limites. Kane incarne cette quête incessante de réussite et de grandeur, un idéal qui, bien que séduisant, révèle aussi les pièges de l'ambition sans frein.

Et surtout c'est : une méditation sur la première sensation de bonheur ou de réussite que l'on passe sa vie à essayer de retrouver sans jamais vraiment y parvenir. Comme les toxicomanes qui recherchent toute leur vie la sensation de leur premier "shoot", Kane est hanté par une nostalgie insaisissable, une quête de quelque chose qui lui échappe toujours. Cette recherche incessante, bien que profondément humaine, est aussi ce qui le consume et le rend finalement si tragique.

Date: 1941

Monty Python : La Vie de Brian

(Monty Python's Life of Brian)
Monty Python : La Vie de Brian

Réalisateur: Terry JONES

avis:

 

c'est : une satire hilarante et mordante sur l'absurdité des croyances et le désir intemporel de s'y attacher. Le film détaille avec humour comment les êtres humains peuvent s'accrocher à des idées et des croyances, souvent sans se soucier des conséquences ou de la rationalité. Cette quête de sens à travers des croyances, même futiles, est présentée comme une tentative de fabriquer un pouvoir, une manière de donner un sens à l'existence qui peut sembler plus facile que de faire face à la complexité du monde.

Le film met en lumière l'incapacité des gens à voir les choses avec objectivité, préférant souvent des explications simplistes et des croyances confortables pour comprendre l'univers et la nature. La Vie de Brian montre comment ces croyances peuvent être utilisées pour imposer un pouvoir, créant des hiérarchies et des dynamiques sociales qui sont à la fois ridicules et profondément enracinées.

une réflexion sur la nature humaine et notre tendance à chercher des réponses simples dans un monde complexe et à réfléchir sur la manière dont nous construisons nos réalités et nos vérités.

Et surtout, c'est :  l'importance de se questionner et de rire des absurdités de la vie.

Date: 1979

Shining*

Shining*

Réalisateur: Stanley KUBRICK

avis:

c'est : Stanley Kubrick qui exploite la technique pour créer une atmosphère de tension et de folie. qui utilise la focale de 18mm remarquable, pour offrir des perspectives déformées accentuant l'isolement et la distorsion psychologique des personnages. Cette lentille grand angle permet à Kubrick de capturer des espaces vastes et oppressants, renforçant le sentiment de claustrophobie paradoxale dans l'immensité de l'hôtel Overlook.

La scène du trajet en voiture à travers les montagnes, introduit le spectateur dans l'univers du film avec une tension croissante, utilisant des plans aériens pour souligner l'isolement géographique et émotionnel. Les mouvements de caméra fluides et calculés, combinés à cette focale, créent une expérience visuelle unique où chaque cadre semble respirer l'angoisse. Kubrick joue avec les symétries et les lignes directrices pour guider l'œil du spectateur, tout en instillant un sentiment de malaise constant.

Et surtout, c'est : La photographie, souvent glaciale et clinique, qui  contraste avec les émotions tumultueuses des personnages et contribue à une expérience cinématographique inoubliable et profondément troublante.

Date: 1980

Quai des Orfèvres

Quai des Orfèvres

Réalisateur: Henri-Georges CLOUZOT

avis:

 

c'est : un film noir  incarné un inspecteur de police dont la dureté et le cynisme apparent cachent une profonde compréhension des nuances de la nature humaine. Son jeu est marquée par une résignation qui semble refléter une acceptation des imperfections et des ambiguïtés de la vie, tout en maintenant une détermination inflexible à découvrir la vérité.

Et surtout, c'est  : une invitation à voir au delà des apprences qui peuvent être trompeuses, et comment chacun peut sembler être le coupable parfait dans une situation donnée. L'intrigue complexe montre que les premières impressions et les jugements hâtifs peuvent souvent conduire à des conclusions erronées. 

Date: 1947

Fenêtre sur cour*

(Rear Window)
Fenêtre sur cour*

Réalisateur: Alfred HITCHCOCK

avis:

c'est : une plongée captivante dans l'intimité d'une cour d'immeuble des années 1950, où Alfred Hitchcock utilise la configuration unique de cet espace pour créer une atmosphère chaleureuse. La cour, avec ses fenêtres ouvertes sur la vie des résidents, devient un microcosme de la société, où chaque détail révèle une histoire différente. Malgré les drames et les mystères qui s'y déroulent, il émane de cet espace une douceur de vivre, une sensation de communauté et de vie partagée qui transcende les événements individuels.

Et surtout, c'est: c'est l'utilisation de la lumière naturelle pour capturer la beauté la tranquillité et la tension de la cour. Les tons chauds et les contrastes doux créent une atmosphère visuelle qui est à la fois mystérieuse et fascinante.

Date: 1954

Les Diaboliques*

Les Diaboliques*

Réalisateur: Henri-Georges CLOUZOT

avis:

c'est : une magistrale machination qui distord les apparences et révèle le cynisme qui peut émerger lorsque l'amour et l'ambition se mêlent. Henri-Georges Clouzot excelle , à nouveau à tisser une atmosphère de tension et de suspense, où rien n'est jamais tout à fait ce qu'il semble être. Les personnages principaux, pris dans un tourbillon d'émotions corrupteur. La narration et les dialogues, à la fois acérés et pleins de sous-entendus, nous amènent doucement à accepter l'inévitable.

Et surtout, c'est : une réflexion sur la manière dont tous les freins sociaux qui nous empêchent d'agir disparaissent sous l'assaut d'une émotion qui s'amplifie et anéantit toute réflexion.

Date: 1955

Blue Velvet*

Blue Velvet*

Réalisateur: David LYNCH

avis:

c'est : une plongée hypnotique dans les profondeurs de la banlieue américaine, où David Lynch exploite la photographie pour créer une atmosphère à la fois envoûtante et déstabilisante. À travers des contrastes saisissants, il révèle les dualités du récit, tandis que des couleurs saturées, presque surréalistes, ajoutent une dimension de rêve éveillé. Le spectateur se trouve ainsi immergé dans un monde à la fois familier et étrangement déformé.

Lynch y crée une tension visuelle troublante qui met en lumière les aspects les plus sombres et les plus étranges de l'expérience humaine. Le monde de Lynch est un monde où la beauté et l'horreur coexistent dans une danse macabre envoûtante.

Et surtout, c'est : une exploration de l'étrangeté qui se cache sous la surface de la vie quotidienne.

Date: 1986

Mon oncle*

Mon oncle*

Réalisateur: Jacques TATI

avis:

c'est : une comédie poétique ou Monsieur Hulot se confronte au monde moderne qui l'entoure, Jacques Tati utilise son personnage en contrepoint pour pointer les changements dans une société en pleine évolution technologique. Hulot, avec son allure maladroite et son charme désuet, semble constamment en décalage avec le monde rapide et mécanisé qui l'entoure, créant une dynamique à la fois comique et touchante.

Etsurtout c'est : une célébration des liens qui se créent entre un enfant et les personnes qui sont présentes pour lui. À travers les yeux de l'enfant, le spectateur découvre un monde où l'imagination et la simplicité triomphent sur la complexité et la rigidité de la vie moderne, Tati capture avec sensibilité la manière dont ces liens peuvent offrir un refuge contre les pressions et les attentes du monde extérieur.

 

Date: 1958

La vérité

La vérité

Réalisateur: Henri-Georges CLOUZOT

avis:

c'est :. la lutte d'une jeune femme qui aspire à la liberté, se heurtant à une société façonnée par des adultes utilisant la bonne conscience, le rigorisme, l'hypocrisie et l'arrogance pour masquer leur propre vacuité. 

C'est l'histoire d'une jeune femme qui aime entièrement et est parfois aimée en retour, mais dont la vérité et la sincérité sont ignorées par un bloc social qui préfère ses propres illusions. Le film dépeint avec justesse et sensibilité les défis auxquels font face les femmes dans leur recherche d'émancipation et de reconnaissance.

Et surtout, c'est :  la poignante Brigitte Bardot qui poussée à l'extrême, est à la fois déterminée insouciante, forte et sensible, en un mot vraie.

 

Date: 1960

Les Affranchis

(Goodfellas)
Les Affranchis

Réalisateur: Martin SCORSESE

avis:

c'est : un récit typique de Martin Scorsese, où un personnage tente désespérément de s'élever au-dessus de sa condition initiale. Pourtant, la vie, inéluctablement, le ramène à son point de départ. Dans ce film, la vie le ramène à être celui qu'il n'a jamais voulu être : un "clampin" comme les autres, un homme qui croit vivre alors qu'il est déjà mort, piégé dans un cycle de médiocrité et de désespoir.

C'est aussi la dernière journée de liberté de Henry Hill, une journée condensée de toute sa vie, où dîner de famille, sueur, yeux livides, cocaïne, sexe vulgaire, cuisson d'une sauce tomate, paranoïa aiguë, vente d'armes minables et trafic de drogue se succèdent avec la même intensité frénétique. Une recherche éperdue de quelque chose d'indéfinissable, un vertige qui capture l'essence même de la chute de Hill, un homme en quête de sens dans un monde qui n'en offre aucun.

Et surtout, c'est : une réinvention audacieuse de la narration cinématographique en 1991, où l'acteur principal parle directement à la caméra, tandis que les autres personnages restent figés. Cette technique narrative donne une intensité et une intimité uniques au récit, plongeant le spectateur dans l'esprit tourmenté de Henry Hill.

Date: 1990

Psychose*

Psychose*

Réalisateur: Alfred HITCHCOCK

avis:

 c'est :  une plongée dans la profondeur de l'esprit humain, dès le début avec la voix dans la tête de l'actrice, qui crée une atmosphère de tension due à ses réflexions et tergiversations, mais aussi à ses espoirs. Le film explore les méandres de la psyché de son personnage, une voleuse tourmentée par ses propres démons intérieurs. 

Et surtout, c'est : une exploration magistrale de l'oppression psychologique et de la manière dont les démons intérieurs peuvent consumer une personne ou plusieurs personnes.

Date: 1960

La Garçonnière

(The Apartment)
La Garçonnière

Réalisateur: Billy WILDER

avis:

c'est : bien plus qu'une simple comédie romantique, c'est l'histoire d'une rencontre qui transcende le coup de foudre pour devenir la découverte de l'âme sœur. Comme souvent avec Billy Wilder, le film est une comédie grinçante, cynique et amère, où l'on trouve des profiteurs et des exploités, ceux qui détiennent le pouvoir et ceux qui en rêvent, prêts à toutes les compromissions et aux attitudes les plus viles.

Derrière cette satire mordante, Wilder révèle la solitude abyssale de ses personnages et leur tristesse, qui prend à la gorge. Pourtant, l'humour féroce du réalisateur se teinte progressivement de tendresse et de compassion. Finalement, c'est l'optimisme et la foi en l'humanité qui pointent, laissant le spectateur endolori mais heureux.

Et surtout, c'est : Jack lemmon ses failles et son humanité.

Date: 1960

La jetée

La jetée

Réalisateur: Chris MARKER

avis:

c'est : une histoire de mémoire, de temps et de désir. Composé presque entièrement de photographies fixes, le film utilise cette technique pour créer une atmosphère étrange angoissante et mélancolique.

Les photographies, soigneusement sélectionnées et agencées, racontent une histoire tout à la fois personnelle et collective, reflétant les espoirs, les peurs et les rêves de l'humanité.

Et surtout, c'est : l'inéluctabilité de la réalité, montrant que malgré nos efforts pour altérer le cours des événements, il n'y a aucun retour en arrière possible.

Date: 1962

Twin Peaks: Fire Walk with Me*

Twin Peaks: Fire Walk with Me*

Réalisateur: David LYNCH

avis:

c'est : une expérienxce hypnotique ou les moments de tension sont initiés par les cris et les sons perçants ou la bande son créantr une atmosphère de angoissante et de désolation

c'est : une expérience sensorielle et émotionnelle, ces instants, bien que souvent déroutants, arrivent à capturer la quintessence des rêves et des cauchemars.

Et surtout, c'est : une œuvre qui embrasse l'ambiguïté et l'inconclusion, laissant les spectateurs avec des questions et des émotions qui résonnent longtemps après la fin du film. Les scènes de "Fire Walk with Me" ne trouvent jamais réellement de conclusions claires, reflétant plutôt la complexité et l'incertitude de la vie elle-même. Lynch invite le spectateur à s'immerger dans un monde où les frontières entre la réalité et le rêve sont floues, et où les réponses ne sont jamais simples ou définitives.

Date: 1992

Meurtre mystérieux à Manhattan*

(Manhattan Murder Mystery)
Meurtre mystérieux à Manhattan*

Réalisateur: Woody ALLEN

avis:

c'est : une délicieuse et spirituelle aventure, où la quête de stimulation devient un moteur central des personnages. Ils plongent dans un tourbillon de tentations et d'aventures extérieures, suggérant que les défis et les mystères peuvent raviver la flamme d'une relation.

L'alchimie des deux acteurs principaux leur complicité palpable tumultueuse et attachante leurs  interactions, marquées par un mélange de tendresse, de frustration et d'affection, reflètent la complexité des relations humaines, où l'amour et l'irritation coexistent souvent.

Et surtout, c'est :  New York La ville, avec son énergie vibrante et son mélange unique de culture et de chaos, fournit le décor parfait pour cette histoire de couple en quête d'aventure.

Date: 1993

Les Oiseaux*

(The Birds)
Les Oiseaux*

Réalisateur: Alfred HITCHCOCK

avis:

c'est :  d'abord une ambiance silencieuse, tranquille et apaisante d'un port, une économie sonore qui constitue le filigrane dramatique du film avant l'attaque des oiseaux. Alfred Hitchcock construit une tension grandissante avec une atmosphère paisible mais chargée de présages. Cette utilisation du silence, symbolisant l'effroi, continue d'être utilisée après l'attaque, comme avec ce personnage qui a la bouche ouverte, figée par l'effroi. Elle crie, mais son cri demeure muet.

Hitchcock qui utilise les contrastes que ce soit entre l'apparence délicate et la force intérieure de tipy hedren ou les contrastes des couleurs pour montrer la résilience et la survie face à l'adversité, et la lutte contre les forces chaotiques et imprévisibles.

Et surtout, c'est : Tippi Hedren, avec sa beauté et sa fragilité apparente, se révèle finalement d'une force tenace

Date: 1963

Un mauvais pantalon

(The Wrong Trousers)
Un mauvais pantalon

Réalisateur: Nick PARK

avis:

c'est : une démonstration d'une technique incroyable, où chaque détail visuel et chaque cadrage est soigneusement orchestré. Le film, bien que presque muet, utilise le langage visuel de manière magistrale pour raconter son histoire, s'appuyant sur des expressions faciales et des gestes pour transmettre les émotions et les intrigues.

C'est un charme absolu, avec un mélange de subtilité, d'humour et de charme typiquement britannique, créant un monde qui est à la fois familier et enchanteur.

Et surtout, c'est : la complicité évidente des deux protagonistes, dont la dynamique à l'écran est à la fois touchante et hilarante. Leur capacité à communiquer et à interagir sans mots, en s'appuyant sur une chimie palpable, est au cœur du film. Cette relation, marquée par une compréhension mutuelle et un respect profond, devient le moteur émotionnel de l'histoire, montrant comment la connexion humaine peut transcender les barrières linguistiques et culturelles.

Date: 1993

Blow-Up*

Blow-Up*

Réalisateur: Michelangelo ANTONIONI

avis:

C’est : un ces rares films qui deviennent bien plus qu’une simple histoire, il s’immisce dans nos vies comme une évidence, où une scène, une image, une atmosphère nous hantent bien au-delà du générique de fin. Blow-Up est de ceux-là. Il suffit d’un parc, d’un coup de vent qui agite les feuilles, d’un silence soudain entre deux rafales… et me voilà transporté, malgré moi, dans ce Londres de 1966, comme si le film avait déposé en moi une marque indélébile. Cette scène du parc, où le vent souffle dans les arbres et où le monde semble suspendu, est bien plus qu’un moment de cinéma, c’est une sensation pure, une mélancolie presque physique. Depuis, chaque fois que j’entends les feuilles bruisser, une partie de moi pense à Blow-Up, à ce mystère, à cette beauté fugace, à cette impression que quelque chose d’essentiel m’échappe, juste hors de portée, à la vérité qui nous échappe.

Et surtout c'est :  la folie des années 60 à Londres, cette ville qui pulse entre tradition et révolution, où la jeunesse explose en couleurs tandis que les vieilles pierres regardent, impassibles, les couleurs sont brutes, presque crues, les contrastes violents, comme si la ville elle-même était un personnage en pleine métamorphose. C'est aussi une Rolls-Royce Silver Cloud III décapotable glissant dans les rues de Londres, une véritable allégorie du temps qui passe, de la modernité qui avance, de la beauté éphémère d’un monde en train de se réinventer.

Date: 1966

Playtime

Playtime

Réalisateur: Jacques TATI

avis:

c'est :  la modernité émergente, des années 60, où Jacques Tati utilise l'architecture nouvelle comme un personnage central du film. Les bâtiments modernes, avec leurs lignes épurées et leurs structures imposantes, créent un décor qui est à la fois impressionnant et déconcertant. Tati joue avec ces éléments architecturaux pour souligner l'aliénation et la désorientation qui peuvent accompagner le progrès, tout en utilisant l'humour pour adoucir la critique.

Dans ce décor moderne, le jeu de l'acteur, incarné par Tati lui-même dans le rôle de Monsieur Hulot, semble appartenir à une autre époque. Hulot, avec son allure maladroite et son charme désuet, apparaît comme un étranger dans ce monde en rapide évolution. Son personnage, un peu perdu dans ce nouvel environnement, devient une figure attachante qui incarne la résistance et l'adaptabilité de l'individu face au changement. Tati utilise ce contraste entre l'ancien et le nouveau pour créer une comédie qui est à la fois nostalgique et optimiste.

Et surtout, c'est : une célébration des incontournables de la vie qui ne changent pas, malgré l'évolution du monde. Malgré les transformations architecturales et sociales, des éléments fondamentaux comme la sociabilisation et l'amitié restent des constantes rassurantes comme des liens intemporels.

Date: 1967

2001, l'Odyssée de l'espace*

(2001: A Space Odyssey)
2001, l'Odyssée de l'espace*

Réalisateur: Stanley KUBRICK

avis:

c'est : une expérience personnelle qui nous suspend un instant pour contempler, depuis l'espace, notre solitude, et nous invite à un voyage à travers le temps et l'espace, d'où l'on ne revient jamais tout à fait pareil. C'est une œuvre fondamentalement visuelle et non verbale utilisant des techniques dantesque pour créer une atmosphère à la fois parfaitement réaliste et totalement onirique

C'est une expérience personnelle de l'espace, où aucun son ne se propage, où chaque astronaute n'entend que sa propre respiration et les bruits de son corps. Kubrick capture la lenteur majestueuse, la beauté plastique et la froideur émotionnelle de l'espace avec une utilisation magistrale de la focale, créant des images d'une précision et d'une beauté à couper le souffle.

Et surtout, c'est : une expérience personnelle de la fin de l'histoire, une ellipse de quatre millions d'années, un saut temporel audacieux qui souligne l'évolution de l'humanité et sa constante et ridicule quête de sens dans un univers infini.

 

Date: 1968

Il était une fois dans l’Ouest*

(C'era una volta il West)
Il était une fois dans l’Ouest*

Réalisateur: Sergio LEONE

avis:

c'est : l'avancée inexorable de la modernité dans les contrées de l'Ouest américain au travers d'une ligne de chemin de fer qui se construit, ce train de la modernité apporte avec lui une cruauté sans nom, un cynisme profond. Sergio Leone utilise un rythme lent, quasi hypnotique, qui dilate le temps jusqu'à le rendre irréel, faisant des moments d'action des éclats tranchants.

Leone capture des gros plans saisissants de visages burinés par le soleil, couverts de sueur et de poussière rouge, créant des images presque obsédantes par leur intensité et leur quasi-absence de dialogues.

Et surtout, c'est : une langueur crasse due à cette chaleur écrasante où les visages et les paysages deviennent les véritables protagonistes d'une histoire qui transcende le simple western pour devenir une méditation sur la transformation et la perte.

 

Date: 1968

L'Armée des ombres

L'Armée des ombres

Réalisateur: Jean-Pierre MELVILLE

avis:

C’est : un poids sur la poitrine, chaque fois que je pense à ce film. L’Armée des ombres n’est pas un souvenir, c’est une cicatrice, cette course contre les balles dans le sous-sol, haletante, désespérée, qui me hante depuis l’enfance. Les murs suintent la peur. Melville filme la Résistance sans héroïsme, juste avec la cruauté du réel, des hommes et des femmes ordinaires, poussés dans un coin, condamnés à choisir entre la lâcheté et la mort.

Et surtouit c'est : un film sur l’humanité à nu, ses faiblesses, ses sacrifices, ses illusions, ses espoirs. Et chaque fois que j’y repense, c’est la même oppression, le froid, la peur, et ce frisson dans le dos, serais-je à la hauteur ? Le film ne lâche jamais. Il est en moi, comme une balle logée.

Date: 1969

A History of Violence *

A History of Violence *

Réalisateur: David CRONENBERG

avis:

C’est : cette violence qui résout tout et ne règle rien. Un coup de poing, un coup de feu, et soudain, les problèmes semblent s’évanouir,  mais seulement en surface. Parce que la violence, chez Cronenberg, agit comme une boule de neige, elle grossit à chaque geste, écrasant tout sur son passage, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien à sauver. Viggo Mortensen le découvre à ses dépens : chaque acte brutal ouvre une brèche dans sa vie, attirant d’autres violences, d’autres menaces, comme si le sang appelait le sang.

Et puis, c’est cette ironie cruelle, il est plus difficile de ne pas être violent que de l’être. Résister à la rage, voilà le vrai combat. Parce que la violence, elle, est simple, immédiate, grisante même. Elle flatte l’ego, elle donne l’illusion du contrôle. Mais une fois qu’on y a goûté, la violence ne se contente pas de détruire, elle réinvente ceux qui l’utilisent, elle les marque, les isole. Et Maria Bello, incarne la terreur silencieuse, elle voit son mari se transformer, voit la bête réveillée en lui, et comprend que la violence n’est pas un acte, mais une malédiction quelque chose qui s’installe, qui corrompt, qui ne part plus.

Et surtout, c’est : l’histoire d’une société qui glorifie la brutalité tout en prétendant la condamner.

 

Date: 2005

Les Infiltrés*

(The Departed)
Les Infiltrés*

Réalisateur: Martin SCORCESE

avis:

 

C’est : ce plaisir rare et un peu pervers : voir Scorsese aligner ses stars comme des cibles et les lâcher dans une arène sans pitié. DiCaprio, en agneau déguisé en loup, Damon en flic trop lisse pour être honnête, Wahlberg en bulldozer furieux, et Nicholson, en diable ricanant,  tous s’entredévorant dans un Boston qui sue la trahison et la poudre, comme un western de Peckinpah, mais sans les ralentis.

Un saloon moderne, où les revolvers sont des dossiers, les duels des coups fourrés, et où la seule loi est celle du plus malin.

Et surtout, c’est : cette ville transformée en OK Corral, t les stars en hors-la-loi, et on en sort avec un plein d’adrénaline. 

Date: 2006

Control

Control

Réalisateur: Anton CORJBIN

avis:

 

C’est : Manchester dans un noir et blanc moite, collant à la peau et sa claustrophobie un piège de briques et de fumée, suintant la mélancolie et la rage. Anton Corbijn filme la ville comme un personnage gothique, un Dostoïevski en musique, où les ombres s’étirent comme des regrets et les murs respirent l’échec.

Et surtout, c’est :  cette atmosphère de destin tragique ou la misère et la gloire, deux sœurs jumelles se disputent l’âme de Ian Curtis.

Date: 2007

Barry Lyndon*

Barry Lyndon*

Réalisateur: Stanley KUBRICK

avis:

C'est :  une peinture précise et gracieuse,  un récit épique qui suit les péripéties de son protagoniste à travers une Europe du XVIIIe siècle somptueusement recréée.

La quiétude des paysages et la beauté des décors, bien que magnifiques, servent de toile de fond à une existence marquée par la solitude et une quête incessante de sens et de statut. Les triomphes de Barry Lyndon sont éphémères, ses joies, fugaces, et ses relations, souvent teintées d'une froideur distante  soulignent l'isolement et la vanité de ces actions.

Et surtout, c'est : une mélancolie qui émane de cette beauté tranquille, une tristesse qui imprègne chaque image, rappelant la futilité des ambitions terrestres.

 

Date: 1975

Les Promesses de l’ombre*

(Eastern Promises)
Les Promesses de l’ombre*

Réalisateur: David CRONENBERG

avis:

C’est : le sourire de Naomi Watts chevauchant sa moto dans un Londres nocturne, ivre de vitesse et de liberté, une déesse païenne en cuir, fendant l’obscurité comme une lame, elle est électrique, imprévisible, à la fois fragile et terrifiante, tournant le thriller en poésie noire, la violence en désir, le danger en séduction.

Viggo Mortensen est un mélange de menace contenue et de charisme sombre, un acteur qui domine l'écran sans forcer, c'est un mélange de loyauté silencieuse et de danger latent. Mortensen joue avec une froideur calculée, mais aussi une vulnérabilité subtile qui rend Nikolai à la fois effrayant et fascinant.

Et surtout, c’est : Naomi Watts, Reine de la Nuit Londienne

 

Date: 2007

King Kong*

King Kong*

Réalisateur: Merian C. Cooper Ernest B. Schoedsack

avis:

 

C’est : l’histoire de deux hommes obsédés Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, aventuriers, cinéastes et rêveurs fous, qui ont risqué leur vie, leur fortune et leur réputation pour donner naissance à un mythe. Cooper, pilote de guerre, explorateur et showman, avait traversé le monde en quête d’images inouïes, Schoedsack, caméraman et aventurier, avait filmé les tigres de Sumatra et les tempêtes de l’Arctique avant de se lancer dans cette folie. Ensemble, ils ont bravé les studios sceptiques, les budgets dérisoires, les techniques balbutiantes, et ont inventé le cinéma fantastique moderne avec du carton-pâte, de la sueur et une audace sans limites.

Et surtout, c’est : un gorille géant sur un écran, une métaphore de l’ambition démesurée, la leur, et celle de l’Amérique des années 30 et jusqu'à maintenant.

Date: 1933

New York-Miami*

(It Happened One Night)
New York-Miami*

Réalisateur: Frank CAPRA

avis:

 

C’est : ce plaisir pur, presque enfantin, de voir le charme et l’insouciance s’étirer sur la route comme une mélodie. New York-Miami  n’est pas un film qu’on analyse, c’est un sourire sur pellicule des voitures qui défilent, des robes qui voltigent, des répliques qui claquent. Capra filme l’Amérique des années 30 avec une légèreté contagieuse qui fait qu’on se surprend à sourire, sans même savoir pourquoi.

Et puis, il y a ces non-dits délicieux, les regards en coin, les sous-entendus grivois, les silences qui en disent plus que les mots. Le film joue avec l’art de l’esquive, on devine les désirs, on rit des quiproquos, on savoure l’élégance de ce qui n’est pas dit. New York-Miami est un flirt avec le public, une promesse de bonheur où tout semble possible.

Et surtout c’est :  la magie du cinéma comme échappatoire, une parenthèse étincelante où le monde est beau, drôle et léger,  juste le temps d’un voyage.

Date: 1934

Carrie au bal du diable*

(Carrie)
Carrie au bal du diable*

Réalisateur: Brian DE PALMA

avis:

C’est : cette manière insupportable et géniale qu’a De Palma d'étirer le temps, de décomposer chaque geste, chaque regard, chaque humiliation jusqu’à ce qu’ils deviennent nôtres. Les ralentis, les split screens, ces effets qui pourraient sembler artificiels, deviennent des outils de torture empathique, ils nous obligent à voir ce que Carrie voit, à ressentir ce qu’elle ressent, à subir, seconde après seconde, l’horreur de sa vie, on est là, avec elle, piégés dans son cauchemar.

Les ralentis ne sont pas là pour embellir, mais pour nous forcer à endurer chaque instant, la moquerie des autres, la honte qui monte, la rage qui gronde etnous, nous sommes là, témoins impuissants, complices malgré nous.

Et surtout, c’est : Carrie au bal du diable, c’est le film qui nous rappelle que la vraie terreur n’est pas dans le surnaturel, mais dans l’empathie forcée. Et quand la vengeance explose enfin, c’est moins un soulagement qu’un vertige, parce qu’on sait que cette rage, on l’a portée en nous bien avant qu’elle ne dévore tout.

 

 

Date: 1976

La Grande Illusion*

La Grande Illusion*

Réalisateur: Jean RENOIR

avis:

 

C’est : ce titre, parfait et clairvoyant, qui résume à lui seul toute la puissance et la mélancolie du film. Renoir parle de l’idée que les frontières, les classes, les guerres elles-mêmes ne sont que des constructions éphémères, des leurres que les hommes s’inventent pour se donner l’illusion d’un ordre. Le vrai sujet du film, c’est ce qui persiste malgré tout, l’humanité qui perce sous les uniformes, la fraternité qui naît dans l’enfermement, et cette étrange lucidité des prisonniers qui savent, au fond, que leur combat est déjà perdu d’avance mais ils le continueront quand même car cela leur permet de se lever chaque matin, de croire en quelque chose, surtout quand tout s’effondre. 

Et surtout c’est : La grande illusion, c’est de croire que le monde se divise en vainqueurs et en vaincus. Alors qu’au fond, il n’y a que des hommes perdus, solidaires, et désespérément humains.

Date: 1937

L'Impossible Monsieur Bébé

(Bringing up Baby)
L'Impossible Monsieur Bébé

Réalisateur: Howard HAWKS

avis:

 

c'est : une comédie qui se distingue par son rythme frénétique, où toutes les scènes s'enchaînent avec  une énergie implacable. La machinerie de la succession des scènes est orchestrée de manière à maintenir un dynamisme constant, gardant le spectateur engagé du début à la fin. 

Katharine Hepburn apporte un dynamisme inégalé à son rôle, avec une présence à l'écran qui est à la fois puissante et charmante. Son personnage est marqué par une vivacité et une indépendance qui sont caractéristiques de son style: une femme forte et déterminée.

Et surtout, c'est : une démonstration du talent de Cary Grant à mettre en valeur sa partenaire. Grant, avec son charme et son timing comique impeccable, complète Hepburn de manière parfaite, créant une dynamique à l'écran qui est électrisante. Leur alchimie est au cœur du film, montrant comment deux acteurs talentueux peuvent s'élever mutuellement.

Date: 1938

Buffet froid*

Buffet froid*

Réalisateur: Bertrand BLIER

avis:

 

C’est : ce bonheur rare de voir revoir et revoir un film qui n’obéit à aucune logique sinon la sienne, un objet cinématographique aussi mystérieux qu’envoûtant, où rien n’a de sens si ce n’est celui qu’on veut bien y projeter. Buffet froid est une énigme joyeuse un sommet d'humour noir, et on finit par comprendre que le vrai plaisir est justement de s’abandonner à son irrationalité. 

On accompagne des personnages qui, eux aussi, semblent perdus dans un monde qui ne leur ressemble plus comme des fantômes désorientés par un progrès qui les dépasse. Car c’est là, tout le génie du film ses comédiens incarnent des hommes qui ont vécu dans l’ancien monde, avec ses codes, ses rituels, ses certitudes, et qui se débattent maladroitement dans une époque en pleine mutation, avec ses changements sociaux brutaux, ses paysages urbains en pleine transformation, ses immeubles hideux qui poussent comme des champignons, ses rues où se croisent les vestiges du vieux Paris et les signes avant-coureurs d’un monde plus froid,  ils sont comme des dinosaures égarés dans un Paris des années 70 en pleine métamorphose, où les vieux cafés disparaissent sous les enseignes au néon, où les immeubles haussmanniens côtoient les barres HLM, où les repères s’effacent. Leur absurdité n’est pas jouée, elle est vécue,  ils parlent, agissent, aiment comme si le monde autour d’eux n’avait pas changé, alors que tout bascule

Et surtout c'est : le plaisir Infini d’un film sans règles et  l'absurdité tendresse des comédiens égarés entre deux mondes. Un film qui nous rappelle que, parfois, la seule façon de survivre au changement, c’est de continuer à avancer… même si on ne sait plus très bien où on va.
 
 

Date: 1979

L’assassin habite au 21*

L’assassin habite au 21*

Réalisateur: Henri-Georges CLOUZOT

avis:

c'est : une intrigue policière pleine de rebondissements et de suspense. L'histoire, centrée sur la recherche d'un tueur en série, est habilement menée, gardant le spectateur en haleine jusqu'au dénouement final.

Et surtout, c'est : la gouaille et le charisme de Suzy Delair, dont le jeu au premier sens du terme apporte une touche d'audace et d'esprit au film. Son personnage, ambitieux et déterminé, navigue dans un monde dominé par les hommes avec assurance et ruse. Sa relation avec son partenaire  oscillant entre complicité et tension, reflètent les dynamiques complexes de l'ambition et de l'amour dans un contexte de danger et d'incertitude.

Date: 1942

To Be or Not to Be*

To Be or Not to Be*

Réalisateur: Ernst LUBITSCH

avis:

C’est : une pirouette élégante pour esquiver la descente aux enfers. Les personnages, pris dans la tourmente de la guerre, ne se contentent pas de survivre, ils jouent, ils mentent, ils transforment leur peur en farce, car le seul moyen de supporter l’insupportable est de le réduire à une comédie grotesque.  Les personnages, avec leur naïveté apparente et leur refus de céder au désespoir, incarnent cette foi obstinée en la possibilité de garder sa dignité, même s'ils sont outragés. Leur insouciance n’est pas de l’inconséquence, mais de la lucidité celle qui permet de voir l’horreur en face et de lui opposer, non pas la violence, mais de l’ironie.

Et surtout, c’est : rire pour ne pas pleurer, jouer pour ne pas mourir, et croire, malgré tout, que la légèreté peut sauver le monde.

Date: 1942

Le Corbeau*

Le Corbeau*

Réalisateur: Henri-Georges CLOUZOT

avis:

C’est : ce film tourné en pleine Occupation, comme un miroir tendu à une France sous tension, c'est l’éternel village français, c'est  le théâtre d’une humanité sans fard, celle d’une carte postale ancestrale qui, sous ses airs de nostalgie, révèle les cicatrices de l’âme. On croit reconnaître ces gens, ces lieux, ces petits drames, comme si Clouzot avait saisi l’archétype même du bourreau et de la victime, indélébile, universel.

Et surtout, c’est : l’image parfaite d’un monde qui se déteste, se jalouse, se méfie, a peur en silence. Le village n’est plus un lieu, mais une métaphore : la France éternelle et ses démons, l’humanité et ses poisons, figés pour toujours.

Date: 1943

L’ombre d’un doute*

(Shadow of a Doubt)
L’ombre d’un doute*

Réalisateur: Alfred HITCHCOCK

avis:

C'est : le déploiement d'une mécanique scénaristique d'une précision diabolique, transformant une petite ville américaine en un piège psychologique. C'est une descente progressive, où chaque scène, chaque dialogue, chaque regard est un rouage qui mène inexorablement vers l'acmé du film, cette révélation glaçante où l'innocence se heurte à la la corruption absolue.

Hitchcock joue avec notre propre besoin de croire en la bonté des siens, Hitchcock prend son temps, installe une ambiance chaleureuse et rassurante, celle d'une famille aimante et accueillante, où l'oncle Charlie, charmant et mystérieux, est d'abord perçu comme un sauveur, un héros. Les repas partagés, les rires, les attentions apparentes, tout respire la normalité, voire la tendresse. Pourtant, sous cette surface idyllique, le réalisateur sème des indices presque imperceptibles, des silences troublants, des regards fuyants. Le spectateur, comme la jeune Charlie, est pris dans ce jeu de dupe, oscillant entre confiance et doute, jusqu'à ce que la vérité éclate, brutale et inéluctable.

Et surtout c'est :  une œuvre sur la perte de l'innocence, la révélation n'est pas seulement celle du crime, mais celle, bien plus douloureuse, de la trahison de la confiance.

Date: 1943

Arsenic et Vieilles Dentelles

(Arsenic and Old Lace)
Arsenic et Vieilles Dentelles

Réalisateur: Frank CAPRA

avis:

 

C'est : l'élégance et l'esprit des Franck capra, on rajoute une pointe de sophistication et le charme de Cary Grant, on entremêle le tout et on obtient un film enjoué et enthousiasmant.

Le rythme est un véritable tourbillon de joie d'humour noir et de situations absurdes, où chaque scène semble danser sur une mélodie légère et enlevée. Les quiproquos s'enchaînent avec une précision chorégraphiée, menant les personnages dans une valse de malentendus et de situations cocasses célébrant l'espieglerie et la fantaisie. 

Et surtout, c'est : un plaisir de voir Cary Grant naviguer avec une aisance désarmante à travers les imbroglios sentimentaux, pris dans un tourbillon d'événements aussi imprévisibles qu'hilarants.

 

Date: 1944

Excalibur

Excalibur

Réalisateur: John BOORMAN

avis:

C’est : dès les premières images, la puissance envoûtante d’Helen Mirren qui s’impose. En Morgane, elle est à la fois sensuelle et terrifiante, une sorcière dont le regard perce l’écran, une femme dont chaque mot semble chargé de sorts anciens. Elle incarne la Magie d’un Mythe Éternel, non pas une histoire, mais un mythe, une fable inventée écrite au 12ème sicle pour justifier un pouvoir, pour donner un sens à la violence, à la trahison, à la quête éternelle de la grandeur. La légende arthurienne n’est pas un récit historique, mais une métaphore humaine, une histoire de désirs, de chutes, de rédemption, qui parle depuis lors  à chaque génération parce qu’elle touche à l’universel.

Et surtout, c’est : un film violent et naïf, brutale et envoûtant, comme si le film hésitait entre la rudesse du Moyen Âge et la poésie d’un conte pour enfants. Les armures brillent, le sang coule, les épées s’entrechoquen mais tout est baigné d’une lumière dorée, comme si chaque combat était à la fois réel et symbolique, nous criant que les mythes sont éternels parce qu’ils parlent de nous.

Date: 1981

Assurance sur la mort*

(Double Indemnity)
Assurance sur la mort*

Réalisateur: Billy WILDER

avis:

C'est : la tension entre le calcul froid et les pulsions incontrôlables qui fait du film une tragédie. Phyllis Dietrichson, femme fatale par excellence, n’est pas une manipulatrice machiavélique, mais une fataliste, obéissant à ses désirs comme on suit un destin écrit d’avance. Son regard glacial, ses silences lourds de sens, trahissent une femme qui sait déjà qu’elle est perdue, mais qui avance quand même, comme si la chute était la seule issue possible, incapable de résister à l’appel du chaos.

C'est aussi James Cagney, un assureur rusé qui traque les fraudes avec un flair de limier. Il est aussi cette voix de la raison qui gronde, moque et met en garde, comme un père désabusé regardant ses enfants jouer avec le feu. Walter Neff, lui se laisse emporter par l’appât du gain et le désir charnel, James Cagney, lui, reste ancré dans une morale pragmatique, presque amusée par la bêtise humaine. Il sait que l’argent et la passion sont des pièges, mais il observe, fasciné, la façon dont ses semblables s’y précipitent les yeux fermés.

Et surtout, c’est : la raison qui nous fait dérailler, non pas la malice pure, mais ce mélange explosif de désirs inavoués et de rationalisations trompeuses. James Cagney, en mentor grincheux, nous rappelle que le crime ne paie pas mais Wilder, lui, nous montre que c’est justement parce qu’on le sait qu’on le commet quand même.

Date: 1944

Le facteur sonne toujours deux fois

(The Postman Always Rings Twice)
Le facteur sonne toujours deux fois

Réalisateur: Tay GARNETT

avis:

C’est : ce titre lourd de fatalité, qui porte en lui toute la tension du film avant même que l’histoire ne commence. Le Facteur sonne toujours deux fois, une phrase qui sonne comme une règle implacable, une malédiction. Elle évoque ce destin qui frappe à la porte, inéluctable, ce retour du passé, cette culpabilité qui revient hanter, ce cycle de passion et de violence qui ne peut se terminer que dans le sang. Le premier coup de sonnette, c’est la tentation ; le deuxième, c’est la punition. 

Et surtout c’est :  elle, la vamp blonde, Cora, ce mélange de chair brûlante et de froideur calculatrice, elle murmure des promesses qu’elle ne tiendra pas. Elle n’est pas méchante. c'est une malédiction et il y a les pauvres idiots autour d'elle qui croient pouvoir tricher avec le destin. 

 

Date: 1946

Meurtre dans un jardin anglais*

(The Draughtsman's Contract)
Meurtre dans un jardin anglais*

Réalisateur: Peter GREENAWAY

avis:

C'est : l'univers feutré et mystérieux de l'aristocratie anglaise, Peter Greenaway, disséque les couches de respectabilité et de décorum qui enveloppent une classe sociale obsédée par le maintien des apparences de l'ordre et de la maîtrise de soi , les personnages évoluent dans un monde où chaque détail est calculé, chaque mot pesé, mais où les passions et les crimes les plus sombres se terrent sous la surface de ces jardins impeccablement entretenus.

Et surtout, c'est : la dissimulation qui devient non seulement  une manière de vivre mais surout la seule manière de survivre.

Date: 1982

Le Verdict

(The Verdict)
Le Verdict

Réalisateur: Sidney LUMET

avis:

C’est : cette déchéance lente, cette descente aux enfers dans l’alcool et le doute, quand un homme qui croyait en la justice ne croit plus en rien, pas même en lui-même. C’est la perte de confiance comme une maladie qui ronge l’âme, qui isole. Paul Newman incarne cette chute avec une intensité déchirante : un regard qui se dérobe, des mains qui tremblent, une voix brisée par l’amertume. La trahison n’est pas seulement celle des autres, c’est d’abord celle de soi-même, avoir baissé les bras, avoir laissé les autres écrire son destin, avoir admis, trop tôt, que tout était perdu.

Et puis, il y a cette étincelle, un dossier qui tombe entre ses mains, un regard qui le défie, une colère qui gronde, sourde. et un homme se redresse non parce qu’il est sûr de gagner, mais parce qu’il ne supporte plus de se haïr.

Et surtout, c’est : cet homme qui se redresse non parce qu’il est sûr de l’emporter, mais parce qu’il ne supporte plus de se haïr.

 

Date: 1982

La Corde*

(Rope)
La Corde*

Réalisateur: Alfred HITCHCOCK

avis:

C’est : ce piège intellectuel, cette arrogance mortifère qui fait de La Corde bien plus qu’un simple thriller, l’idée que des concepts philosophiques, des théories puissent se transformer en justification de meurtre. Hitchcock filme le danger absolu des dogmes, ce moment où l’abstraction devient concrète, où la pensée se mue en acte. Le crime, lorsqu’il se pare des atours de l’intellect, il devient insidieux, presque séduisant

Car ce n’est pas la connaissance qui est dangereuse, mais la certitude de ceux qui croient la maîtriser.

Et surtout, c’est : cette vérité glaçante, le mal ne naît pas toujours de la folie, mais parfois de la logique poussée jusqu’à l’absurde. Le pire des crimes n’est pas celui commis dans la rage, mais celui perpétré en croyant avoir raison.

 

 

Date: 1948

Captain Fantastic

Captain Fantastic

Réalisateur: Matt Ross

avis:

c'est une réflexion sur l'équilibre délicat entre protection et liberté, entre éducation stricte et amour inconditionnel. "Captain Fantastic" rappelle que l'éducation est un voyage complexe, où l'adaptabilité et l'écoute sont tout aussi importantes que les intentions et les idéaux. Le film célèbre la beauté de l'apprentissage et de la croissance, tout en reconnaissant les défis et les sacrifices qui les accompagnent.

Cette ouverture d'esprit permet une relation éducative qui est à la fois exigeante et bienveillante, créant un environnement où les enfants peuvent s'épanouir tout en étant préparés aux réalités du monde.

Et surtout, c'est : une sensibilité visuelle distinctive de Wes Anderson, avec une attention méticuleuse portée aux détails, les couleurs, les cadrages et les décors soigneusement choisis créent un monde qui est à la fois réaliste et poétique.

Date: 2016

Boulevard du crépuscule

(Sunset Boulevard)
Boulevard du crépuscule

Réalisateur: Billy WILDER

avis:

C'est : une illusion obstinée, où le refus de Norma de voir la réalité devient une prison dorée. C'est une tragédie en technicolor, une plongée vertigineuse dans le passé plutôt que d’affronter l’effritement du monde. Chaque plan de sa demeure décadente, chaque geste théâtral, chaque réplique grandiloquente est un mur érigé contre la vérité : le cinéma l’a oubliée, le public l’a remplacée, impitoyable...

c’est une ancienne star qui se bat contre l’évidence, entourée de serviteurs complices et d’un jeune homme  devenu l’otage de ses chimères. Wilder filme cette folie avec une ironie cruelle et derrière le grotesque se cache une mélancolie profonde d’une artiste qui a tout donné à son art.

Et surtout, c’est : un miroir tendu à notre propre peur de l’oubli et on reconnaît dans son délire le désir universel de croire, coûte que coûte, que la lumière ne s’éteindra jamais.

 

Date: 1950

L'Inconnu du Nord-Express*

(Strangers on a Train)
L'Inconnu du Nord-Express*

Réalisateur: Alfred HITCHCOCK

avis:

C’est : ce meurtre à la fête foraine, filmé comme une attraction macabre, la violence transformée en spectacle, où les lumières criardes et les rires d’enfants deviennent le décor d’un crime. La caméra d’Hitchcock, œil complice, nous place dans la peau du tueur, un plan subjectif, un reflet dans des lunettes brisées, et soudain, nous sommes coupables, nous aussi.

C'est : un jeu séduisant, une conversation entre deux inconnus qui pourraient devenir amis. Bruno, avec son sourire enjôleur et ses idées tordues, est un serpent charmant, il fait ses propositions  avec cette légèreté terrifiante qui fait frissonner. On comprend que Guy est à la fois fasciné et horrifié, comme nous : on sait que c’est mal, mais on veut voir jusqu’où ça peut aller.

Et surtout, c’est : l’expérience troublante de découvrir que le mal peut être grisant et que parfois, on en redemande.

Date: 1951

Retour vers le futur*

Retour vers le futur*

Réalisateur: Robert ZEMECKIS

avis:

c'est : un film qui exploite le concept de voyage dans le temps de manière à se concentrer purement sur l'émotion plutôt que sur de grandes idées philosophiques ou scientifiques. C'est une œuvre qui transmet une exaltation et un dynamisme communicatif, agissant directement sur l'optimisme du spectateur. Le film capture une joie de vivre contagieuse, où chaque moment est imprégné d'une énergie positive qui transcende les écrans pour toucher le cœur des spectateurs.

Et surtout, c'est : la transposition non littérale mais parfaite de l'univers de Jules Verne au cinéma. Tout comme les récits de Verne, "Retour vers le futur" combine aventure, innovation et une touche de fantaisie pour créer un monde captivant et immersif. Le film réussit à capturer l'esprit d'exploration et de curiosité qui caractérise les œuvres de Verne, tout en ajoutant une dimension émotionnelle et personnelle.

Date: 1985

Le Salaire de la peur*

Le Salaire de la peur*

Réalisateur: Henri-Georges CLOUZOT

avis:

C'est :  cette volonté d'aventure qui est profondément ancrée dans l'âme humaine, une quête qui dépasse souvent la simple recherche de richesse matérielle. Les personnages du film, confrontés à une mission presque impossible, sont mus par une excitation et un désir de transcender leur existence quotidienne. L'argent, bien que présent, n'est souvent qu'un prétexte, un moyen de mesurer la valeur de leur courage et de leur détermination. Ce qui les anime vraiment, c'est le frisson du danger, la possibilité de donner un sens à leur vie à travers un exploit qui défie la mort.

Et surtout, c'est :  dans l'affrontement des limites et des peurs que l'on trouve le goût pour la vie.

Date: 1953

Under the Silver Lake

Under the Silver Lake

Réalisateur: David Robert MITCHELL

avis:

C’est : cette apathie d'un rêveur engourdi californien, une torpeur dorée où il flotte, indifférent, ivre de soleil et d’éternel présent. Un personnage qui regarde sans voir, vit sans s’interroger,  jusqu’à ce que quelque chose  le force à agir. Et là, il découvre l’envers du décor la beauté n’est qu’un vernis, le rêve un piège, et le paradis une machination. L’apathie laisse place à l’obsession, l’indifférence à la paranoïa.

Et surtout, c’est :  la Californie, ce mélange de lumière aveuglante et de corruption rampante, d’intelligence froide et de folie pure, le tout construit sur une faille tectonique prête à tout avaler.

Date: 2018

Les Vacances de monsieur Hulot

Les Vacances de monsieur Hulot

Réalisateur: Jacques TATI

avis:

 

c'est :  une réjouissante tribulation d'un emmerdeur de vacances nommé Jacques Tati : Hulot va cumuler les bourdes. Le personnage commet une bévue chaque fois qu'il tente de se ranger dans la micro-société qu'est la pension de vacances. Hulot laisse des traces partout où il passe.

Ce sont des vacances à la française des années 50, avec une attention particulière portée aux détails du quotidien et aux interactions sociales. On doit être à l'affût d'un détail quasi invisible à la première vision.

Tati utilise le son et l'image pour créer une atmosphère où le temps semble ralentir. Les gags visuels, souvent basés sur des malentendus et des situations absurdes, sont exécutés avec grâce. 

Et surtout, c'est :  une symphonie de mouvements et de sons, où l'absurdité de la vie est célébrée avec délicatesse et minutie.

Date: 1953

En quatrième vitesse*

(Kiss Me Deadly)
En quatrième vitesse*

Réalisateur: Robert ALDRICH

avis:

c'est : un film noir du milieu des années 50, un anachronisme à une époque où la science-fiction dominait et où le danger venait souvent de l'espace. Pourtant, Robert Aldrich parvient à préserver tous les attributs classiques du film noir : violence, dureté, meurtres en cascade, le tout sur un fond de pessimisme, de cynisme et de désenchantement. Aldrich utilise habilement ces éléments pour glisser ses convictions politiques et explorer la condition humaine, révélant notre propension à l'autodestruction, conséquence directe de notre avidité, de notre cruauté et de notre soif de pouvoir. 

Et surtout, c'est : un film noir sexy comme le blues désenchanté de Billie Holiday,

Date: 1955

Drunk*

Drunk*

Réalisateur: Thomas VINTERBERG

avis:

 

C’est : une fête et un enterrement, c'est une ce quête désespérée de seconde jeunesse avec un mélange de désespoir comique et de tristesse profonde, l’alcool comme dernier refuge, la biture comme illusion de liberté.

Et surtout, c’est : se noyer dans le vin… avant de se relever, un peu.

Date: 2020

Bad taste*

Bad taste*

Réalisateur: Peter JACKSON

avis:

 

c'est : une plongée dans un univers déjanté et grotesque, où l'horreur et la comédie se mélangent de manière aussi audacieuse qu'inattendue. C'est la quintessence de l'imagination débordante et de l'humour noir. Peter Jackson démontre une capacité incroyable à transformer des idées farfelues en scènes crédibles, grâce à des effets spéciaux rudimentaires qui, paradoxalement, ajoutent au charme bizarre et attachant du film.

Les scènes d'horreur sont à la fois répugnantes et hilarantes, créant un mélange qui défie les conventions du genre. C'est une célébration de l'audace créative et de l'enthousiasme.

Et surtout, c'est : de la passion et de créativité pure, une sorte d'absolutisme créatif. 

Date: 1987

L'Invraisemblable Vérité

(Beyond a Reasonable Doubt)
L'Invraisemblable Vérité

Réalisateur: Fritz LANG

avis:

C’est : ce pouvoir déraisonnable de la confiance, ce choix délibéré de voir au-delà des apparences, des preuves, des doutes. Pourquoi ? Parce que croire en quelqu’un, c’est aussi croire en soi, en sa capacité à discerner la vérité, à résister au cynisme, à refuser que le monde ne soit qu’un jeu de dupes. Cette fragilité de la croyance, elle n’est pas aveugle, elle est volontaire. Elle exige un saut dans l’inconnu, un pari sur l’humanité de l’autre. 

Et surtout c'est : que dans un monde où tout peut être manipulé, la seule chose qui tienne encore debout, c’est cette confiance obstinée, même (surtout) quand elle défie la raison. Ahahhahaha.

Date: 1956

Les Liaisons dangereuses

(Dangerous Liaisons)
Les Liaisons dangereuses

Réalisateur: Stephen FREARS

avis:

C’est : ce jeu qui bascule, d’abord une distraction mondaine, où l’on séduit par ennui et brise des cœurs avec l’élégance d’un duel. Puis, soudain, tout devient vital, un regard de trop, une lettre mal placée, et le badinage se charge de mort. Frears montre comment l’oisiveté se mue en obsession, comment les personnages, ivres de leur propre cruauté, finissent dévorés par les flammes qu’ils ont allumées. On ignore quand le jeu s’arrête.

Et surtout, c’est ce contraste: d’un côté, l’aristocratie dans sa bulle dorée, où le pouvoir des femmes, clandestin par obligation, exercé par lettres et manipulations, s’exprime dans l’ombre des salons. De l’autre, le peuple, invisible mais omniprésent, dont les vies brisées servent de décor à leurs intrigues. Frears filme cette décadence en ballet gracieux et meurtrier, où chaque pas écrase un destin dans les coulisses.

Et au centre : la sublissime Michelle Pfeiffer 

 

 

Date: 1988

Douze hommes en colère

(12 Angry Men)
Douze hommes en colère

Réalisateur: Sidney LUMET

avis:

c'est : une dynamique de groupe et une quête de justice à travers le prisme d'un jury délibérant sur un cas de meurtre. Le film met en lumière la puissance de la persuasion, du doute raisonnable et de l'intégrité personnelle face à la pression sociale et aux préjugés. Sidney Lumet, avec une mise en scène claustrophobique,  où chaque détail et chaque argument vont compter.

Et surtout, c'est : l'importance cruciale de la justice et de l'équité et surtout de la raison pour contrer les émotions.

Date: 1957

Témoin à Charge

(Witness for the Prosecution)
Témoin à Charge

Réalisateur: Billy WILDER

avis:

C'est : un thriller Hitckockien soigné comme un Wilder.


Et surtout, c'est :  le portrait savoureux d’un avocat maladif mais encore espiègle, en fin de carrière : Charles laughton et de son combat contre son infirmière.

 

Date: 1957

Crimes et Délits

(Crimes and Misdemeanors)
Crimes et Délits

Réalisateur: Woody ALLEN

avis:

C’est : cette question lancinante : comment vivre avec ce qu’on a brisé ?
Woody Allen ne juge pas, il expose et ce qu’il révèle, c’est la facilité dérangeante du mal, un acte commis en un éclair, puis l’interminable labyrinthe de la morale qui s’ensuit. Un acte presque banal, mais qui déclenche une tempête intérieure, où la culpabilité se transforme en un piège sans issue.
Les personnages, ballottés entre déni, confession et fuite, incarnent nos stratégies désordonnées pour supporter l’insupportable. Les uns se raccrochent à la religion, les autres à la raison, d’autres encore s’enfoncent dans le mensonge. Mais personne ne s’en sort vraiment : le crime se commet en une seconde, la morale vous hante toute une vie.

Et surtout, c’est : un film sur l’humanité prise en flagrant délit de faiblesse, où la seule certitude est qu’on ne s’en sort jamais tout à fait innocent.

 

Date: 1989

Pickpocket*

Pickpocket*

Réalisateur: Robert BRESSON

avis:

C’est : dès les premières images, un film qui se transforme en mode d’emploi du vol, une leçon de précision où chaque geste est répété, affiné, ritualisé. C'est l'initiation à un art, les mains qui s’entraînent inlassablement, les échecs qui deviennent des étapes, les essais qui se transforment en une chorégraphie silencieuse. Il n’y a pas de glamour dans ces vols, pas de frisson hollywoodien, seulement la rigueur d’un métier, la patience d’un artisan, la répétition jusqu’à la perfection. Les scènes d’apprentissage, où les doigts glissent, hésitent, recommencent, sont filmées comme des exercices spirituels, chaque mouvement compte, chaque réussite est une victoire.

Et surtout c'est : cette radicalité du cinéma de Bresson qui fait de Pickpocket bien plus qu’un simple film, une œuvre où la simplicité transforme l’acte le plus interdit en une quête presque mystique. Pas de musique pour dramatiser, pas de plans spectaculaires pour impressionner.

 

Date: 1959

La Mort aux trousses*

(North by Northwest)
La Mort aux trousses*

Réalisateur: Alfred HITCHCOCK

avis:

C’est : cette décontraction souveraine, ce mélange de charme britannique et d’audace à l’américaine, comme si rien, ni les espions, ni les avions qui vous poursuivent, ni les meurtres en série, ne pouvait entamer la nonchalance d’un homme en costume trois-pièces. Cary Grant, incarnation même du cool des années 50, glisse à travers le chaos avec un sourire en coin et un verre de whisky à la main, comme si la vie n’était qu’une succession de quiproquos à régler avec panache. Hitchcock capture cette insouciance presque surréaliste, l’art de transformer l’urgence en conversation spirituelle, le danger en jeu, et la survie en une question de style.

Et surtout, c’est : de traverser le danger en gardant son calme car le charme l’emporte toujours sur la logique. 

Date: 1959

Une grande excursion

(A Grand Day Out)
Une grande excursion

Réalisateur: Nick PARK

avis:

 

C’est : c’est ce plaisir intense de voir l’imperfection devenir magie, des personnages aux traits grossiers, des paysages qui tremblent, des expressions qui se déforment et pourtant, tout cela compose une aventure d’une tendresse folle et puis ces habitudes anglaises si typiques (le thé, les trains, les conversations polies) qui persistent malgré le chaos. C’est un monde où tout semble sur le point de s’effondrer… et où, pourtant, tout tient debout.

Et surtout, c’est : l’Angleterre en pâte à modeler, un mélange de rigidité et de folie douce ordinaire, où le désordre devient charme.

Date: 1989

Edward aux mains d’argent*

Edward aux mains d’argent*

Réalisateur: Tim BURTON

avis:

 

C’est : cette beauté visuelle saisissante, ce choc délicat entre les couleurs pastel des maisons de banlieue et l’obscurité gothique du château perché sur la colline. Tim Burton joue avec nos yeux et nos attentes, les maisons, si riantes et colorées de l’extérieur, cachent des intérieurs étriqués, des vies étouffantes, une banalité qui fait mal. À l’inverse, le château, noir, anguleux, inquiétant, est en réalité le lieu le plus poétique du film, un espace de liberté, de création, de magie pure.

Et surtout, c’est : le contraste enchanté des apparences, ce qui semble beau de loin se révèle terne et vide de près, tandis que ce qui effraie recèle une beauté véritable, une profondeur que personne ne cherche à comprendre, la vraie laideur n’est pas dans l’étrangeté, mais dans la conformité.

Date: 1990

Le Trou*

Le Trou*

Réalisateur: Jacques BECKER

avis:

 

c'est : de la camaraderie et de la sociabilité humaine , même dans les circonstances les plus désespérées. Le film de Jacques Becker plonge les spectateurs dans l'univers confiné d'une prison, où des détenus, malgré leurs différences, unissent leurs forces et leurs espoirs pour tenter une évasion. Cette quête commune crée un microcosme de solidarité et de la fraternité, mais aussi de la lâcheté, thèmes qui planent constamment au-dessus des personnages..

Et surtout, c'est : un environnement où la trahison  signifie l'échec de tous, la loyauté devient alors une vertu essentielle. Becker regarde les tensions internes et les doutes qui peuvent miner la détermination des hommes, mais aussi leur capacité à surmonter ces faiblesses par la force du groupe

Date: 1960

Plein soleil

Plein soleil

Réalisateur: René CLEMENT

avis:

 

c'est : Ripley, un personnage qui, bien que n'étant pas né dans la classe supérieure, possède toutes les compétences et l'intelligence pour s'y intégrer. Le film explore sa quête désespérée pour s'élever socialement, montrant comment il utilise sa ruse et sa détermination pour atteindre ses objectifs, quelles qu'en soient les conséquences.

Et surtout, c'est : une lumière écrasante qui domine tout. Alain Delon excelle dans ce rôle ambigu narcissique et silencieux en opposition avec le mépris de l'autre personnage. L'éblouissement ce plein soleil est aussi celui exercé par le personnage de Tom Ripley, qui est lui-même fasciné par celui dont il usurpe l'identité et endosse la personnalité. Comme le soleil qui à la fois éblouit et brûle, ils sont l'un et l'autre aussi fascinants que dangereux.

la fin est malheureusement bêtement moralisatrice, celle du livre est bien meilleure m.

 

Date: 1960

Classe tous risques

Classe tous risques

Réalisateur: Claude SAUTET

avis:

C’est : cet attachement déroutant pour un homme qui n’est libre qu’en apparence qui rend Abel Davos si fascinant et si tragique. On pourrait croire qu’il incarne la liberté absolue  agir sans limites, assumer ses choix sans remords mais en réalité, il n’est que l’esclave de ses propres pulsions, il est prisonnier de ses désirs, de sa violence, de cette incapacité à se retenir, même quand cela détruit tout sur son passage. Il ne choisit pas sa vie ; il subit ses instincts, comme un animal sauvage qui charge droit devant, incapable de voir les murs qui l’enferment.

Pourtant, on s’attache à lui, malgré tout. Pourquoi ? Parce qu’Abel, dans sa déchéance, assume. Il ne se ment pas, ne se cache pas derrière des excuses. Il est brutal, mais honnête du moins avec lui-même. Et puis, il y a ces rares moments de grâce, où il semble hésiter, un geste vers son fils, une tentative de protéger ceux qu’il aime, une seconde d’hésitation avant de replonger. Ces instants fragiles et désespérés nous rappellent qu’il est encore un homme, même s’il a renoncé à se maîtriser.

Et surtout, c’est : nous faire aimer un homme parce qu’il est tragique, parce qu’il pourrait être autre chose, mais ne le sera jamais.

Date: 1960

Babylon

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Babylon

Réalisateur: Damien Chazelle

avis:

C'est : l'énergie frénétique et la passion dévorante de l'industrie naissante du cinéma dans les années 1920. C'est une époque où la soif de créer des films était inextinguible, où chaque individu impliqué dans cette aventure était prêt à tout pour faire partie de cette révolution artistique.

C'est : cette fièvre qui s'emparait de toute la société des années 20, avide, entre autres, de cette nouvelle forme de distraction et des émotions rares et fugaces qu'elle parvenait à faire naître. C'était une époque où chaque image, chaque mouvement, chaque expression sur le grand écran était une découverte, une innovation, une célébration de cet art naissant qui captivait les coprs et les esprits.

C'est : le bouleversement sans concession qu'a représenté l'arrivée du cinéma parlant, cette rupture technologique brutale qui a laissé de nombreux rêves brisés sur son passage, balayant sans pitié les anciennes façons de faire pour laisser place à de nouvelles formes d'expression.

Et surtout, c'est : un hommage vibrant et palpable à une époque révolue.

Date: 2023

L’arnaqueur

(The Hustler)
L’arnaqueur

Réalisateur: Robert ROSSEN

avis:

 

C'est : l'histoire poignante d'un génie du billard, incarné par Paul Newman, dont le talent exceptionnel est constamment miné par son arrogance et son immaturité. Robert Rossen dépeint un échec qui semble inévitable pour son personnage, malgré ses compétences remarquables, son arrogance et ses démons intérieurs le conduisent à des choix autodestructeurs, sabotant ses propres chances de réussite. Prisonnier de sa réputation et de son ego, Eddie devient incapable de voir au-delà de la table de billard, et ses dons deviennent une source de souffrance et d'isolement.

Et surtout, c'est : une ambiance lancinante, avec ce noir et blanc qui instaure une tristesse générale, un blues absolu, formidable.

Date: 1961

Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?

(What Ever Happened to Baby Jane?)
Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?

Réalisateur: Robert ALDRICH

avis:

c’est:

de la haine 

de la haine 

de la haine 

de la haine 

de la haine 

de la haine

de la haine 

de la haine 

de la haine

de la haine 

de la haine 

et surtout c’est :


de la haine

 

Date: 1962

La Sentinelle

La Sentinelle

Réalisateur: Arnaud DESPLECHIN

avis:

 

C'est :  un film qui dépeint avec une intensité rare l'enfermement psychologique et émotionnel de son protagoniste où chaqun de ces pas semble creuser un peu plus le fossé entre lui et sa propre vérité. Desplechin utilise une narration dense et des dialogues ciselés pour illustrer comment ces structures de duperie et ces règles non écrites peuvent miner l'âme et l'esprit, laissant le spectateur face à une réflexion poignante sur la nature de l'identité et de l'intégrité personnelle.

Et surtout, c'est : une peinture de l'enfermement psychologique de son protagoniste dans un labyrinthe de tromperies.

Date: 1992

Quand la Panthère rose s'emmêle

(The Pink Panther Strikes Again)
Quand la Panthère rose s'emmêle

Réalisateur: Blake EDWARDS

avis:


C'est : les parallel bars ! My speciality !

C'est : le mélange du burlesque de Keaton, du corps de Tati, de l’énergie de Bruce Lee, de la folie des cartoons et des ralentis de Sam Peckimpah, le meilleur du pire des maladroits et des incompétents.


Et surtout  c'est : un fou-rire inextinguible au simple souvenir de la cravate, des barres parallèles et du combat Clouseau vs Cato.
 

 

Date: 1963

Reservoir dogs*

Reservoir dogs*

Réalisateur: Quentin TARANTINO

avis:

C’est : d'abord cette fierté  arrogante d’avoir découvert Reservoir Dogs à sa première séance française, ce choc électrique devant un film qui, malgré des décors étriqués et un petit budget , explose d’une richesse inouïe. Tarantino ne cherche pas à remplir l’écran de grands paysages ou d’effets tape-à-l’œil, il compresse toute sa puissance dans un entrepôt sordide, une voiture qui roule, un café miteux. L’exiguïté des lieux devient une force, elle concentre la tension, elle oblige les personnages à se confronter, elle transforme chaque réplique en coup de poing, chaque silence en menace. C’est cette alchimie diabolique entre la banalité des sujets et la gravité des enjeux. Tarantino sait que le vrai suspense naît des silences entre les répliques, des regards fuyants, des détails qui ne collent pas. Les dialogues ne servent pas à avancer l’intrigue, ils sont l’intrigue. Ils créent une tension sourde, une paranoïa qui monte. 

Tarantino ne remplit pas pour remplir, il laisse le temps à la brutalité de s’installer, à l’angoisse de monter, à l’absurdité de la violence de devenir palpable. Les scènes s’étirent, les plans s’attardent, et ce qui permet à la violence d'être si déchirant, parce qu’on l’a senti venir, parce qu’on a eu le temps de la redouté, parce que le film, comme ses personnages, prend son temps avant de frapper.

Et surtout, c’est : cette manière qu’a Tarantino de transformer des dialogues en apparence anodins en duels mortels, où chaque mot, chaque intonation, chaque hésitation devient une question de vie ou de mort. Reservoir Dogs est un film où l’on parle pour ne rien dire et où, pourtant, tout compte.

Date: 1992

Short Cuts*

Short Cuts*

Réalisateur: Robert ALTMAN

avis:

c'est : une exploration technique et narrative du croisement des vies d'hommes et de femmes ordinaires dans leur quotidien. Robert Altman utilise une technique de montage complexe pour tisser ensemble plusieurs histoires, nous permettant d'espionner un petit bout de la vie de chacun. Les personnages ne se connaissent pas forcément, mais nous, spectateurs, avons le privilège de voir une vue globale de tous ces petits riens qui font la vie. Altman utilise des plans séquences et un montage astucieux pour créer un réseau de connexions invisibles, reflétant la complexité et l'interconnexion de la vie urbaine.

 Altman emploie souvent des dialogues qui se chevauchent et des mouvements de caméra fluides pour capturer l'essence de la vie quotidienne et les interactions humaines. La photographie du film utilise subtilement la lumière naturelle pour créer une atmosphère réaliste et immersive.

Et surtout, c'est :  Julianne Moore,  dans la scène où elle gueule, vêtue d'un simple t-shirt. Cette scène, à la fois crue et émouvante, capture l'essence de la frustration et de la vulnérabilité humaines.

 

Date: 1993

Trainspotting

Trainspotting

Réalisateur: Danny BOYLE

avis:

c'est : un film qui frappe par son aspect sec et vif, capturant avec une intensité brutale la réalité de la vie dans les marges de la société. À 20 ans, voir ce film est une expérience marquante, car il touche à des thèmes universels de rébellion, de quête d'identité et de dépassement du monde dans lequel on est né. Le film explore ce qu'il faut faire pour échapper à son destin, pour se libérer des contraintes sociales et personnelles qui semblent prédestinées.

c'est aussi de la violence pure, notamment à travers le personnage de Begbie, interprété par Robert Carlyle qui jouit de cette violence. cele-ci tant physique qu'émotionnelle, reflète les luttes internes des personnages, leurs désirs de s'échapper d'une vie sans espoir et leur combat pour trouver un sens à leur existence.

Et surtout, c'est : une plongée dans les abîmes de la dépendance et de la désillusion.

Date: 1993

Les Vestiges du jour*

The Remains of the Day
Les Vestiges du jour*

Réalisateur: James IVORY

avis:

c'est : une exploration délicate et profonde des dynamiques de classe et des nuances historiques de l'Angleterre du XXe siècle, une réflexion subtile sur les relations entre les domestiques et l'aristocratie britannique. À travers l'histoire d'un majordome dévoué, le film examine les attentes, les sacrifices la loyauté les émotions refoulées et les limites imposées par les structures de classe rigides de l'époque.

Le côté historique du film est richement détaillé, retraçant une époque où les distinctions de classe dictent non seulement les interactions sociales, mais aussi les aspirations et les possibilités personnelles. Le film montre comment ces structures peuvent façonner les vies et les destins, souvent de manière invisible mais profondément significative. Les personnages naviguent dans un monde où la déférence et le respect des hiérarchies sont essentiels, même au prix de leur propre bonheur et de leur épanouissement.

Et surtout, c'est : une réflexion sur les choix qui définissent nos vies 

Date: 1993

Docteur Folamour

(Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb)
Docteur Folamour

Réalisateur: Stanley KUBRICK

avis:

C’est : cette galerie de caricatures monstrueuses, le général fanfaron, obsédé par sa virilité et ses plans apocalyptiques ; le scientifique fou, nazi recyclé, qui caresse la destruction comme un amour défendu ; les politiques lisses et incompétents, perdus dans leurs propres protocoles. Juste des médiocres ivres de pouvoir, des pantins ridicules jouant avec le feu sans en mesurer l’ampleur.

Et puis, il y a ces plans de caméra qui capturent la grandeur des salles de réunion, des bunkers grandiloquent, des tables de conférence luisantes, tout ce décor de richesse et de sérieux qui contraste avec la petitesse des décisions qui s’y prennent. Des choix qui ne devraient même pas être envisageables, des débats sur l’anéantissement de l'humanité assénés avec la froideur d’un expert comptable.

La révelation du grotesque sous le vernis de l’efficacité.

Et surtout, c’est : une comédie, une satire si mordante, si sarcastique, qu’elle désamorce la terreur par le rire. Le ridicule devient une arme, il désacralise, il réduit à néant la solennité de cesfous furieux qui jouent aux dieux. En nous faisant rire de l’apocalypse, kubrick nous force à affronter ce que nous préférons ignorer. Il dédramatise l'apocalypse, et c’est  ce qui la rend insupportable.

Date: 1964

Pulp fiction*

Pulp fiction*

Réalisateur: Quentin TARANTINO

avis:

C’est : cette lenteur calculée, ce tempo nonchalant qui donne à chaque scène l’allure d’une balade décontractée jusqu’à ce que tout bascule dans un éclat de violence ou de folie pure. Tarantino, refuse la précipitation. Il s’attarde, il traîne, il laisse ses personnages discuter de burgers, de pieds massés, de détails apparemment insignifiants, ces dialogues qui semblent futiles sont en réalité l'âme du film, ils créent un rythme, une atmosphère, un style et le style, ça se prend avec lenteur.

Et puis, il y a cette bande-son, ces tubes des années 70 qui transforment chaque scène en un moment de groove et de funk. La musique n’est pas là pour accompagner, elle est là pour donner une âme, un mélange de nostalgie, de coolitude et d’urgence sourde.

Et surtout c'est : Pulp Fiction, c’est le triomphe de la patience. Et c’est comme ça que naît la légende, pas dans la précipitation, mais dans l’art de faire durer le plaisir… avant de tout envoyer valdinguer.

Date: 1994

La Cérémonie*

La Cérémonie*

Réalisateur: Claude CHABROL

avis:

C’est : le fait divers des sœurs Papin dans une Bretagne grise et venteuse, où Chabrol remplace la mansarde du mans par une villa cossue de Saint Coulomb, même étouffement, même folie qui monte, mais avec le bruit des vagues pour couvrir les cris. c'est l’horreur domestique, deux femmes brisées, une bourgeoise méprisante, et cette tension qui suinte des murs comme l’humidité des d'un brouillard épais.

Et surtout, c’est : ce duo explosif Sandrine Bonnaire et Isabelle Huppert, l’une fragile et soumise, l’autre électrique et venimeuse, deux visages d’une même révolte, celle des invisibles qui finissent par mordre. La barbarie non pas comme une exception, mais une conclusion.

Date: 1995

Heat*

Heat*

Réalisateur: Michaël MANN

avis:

c'est : une représentation réaliste des procédures policières et des opérations criminelles, offrant une vision presque documentaire de ces mondes parallèles.

Un moment particulièrement marquant est la scène du braquage de banque et la fusillade qui s'ensuit dans les rues de Los Angeles. Cette séquence est un exemple parfait de la technique de Mann, avec des plans larges et des mouvements de caméra fluides qui capturent le chaos et l'intensité de l'action. Mann utilise des sons réalistes  et une photographie qui donne une impression de proximité et d'immédiateté, plongeant le spectateur au cœur de l'action.

Et surtout, c'est :  l'obsession, la loyauté et le prix de la vie que l'on choisit de mener. 

Date: 1995

Casino*

Casino*

Réalisateur: Martin SCORCESE

avis:

c'est :  Las Vegas, où les rêves et les ambitions se heurtent à la réalité brutale du pouvoir et de la corruption. Le film de Martin Scorsese explore les compromis que les personnages doivent faire pour survivre et prospérer dans ce monde impitoyable, une réflexion sur le prix du succès et les compromis moraux qui l'accompagnent la montée et de la chute dans un monde où la loyauté est rare et où la trahison est monnaie courante. 

Et surtout, c'est : La violence, illustrant le caractère inéluctable de la création et de la chute d'un empire à Las Vegas. Scorsese ne se contente pas de montrer la violence physique ; il explore également la violence émotionnelle et psychologique qui accompagne la trahison, la cupidité et la lutte pour le pouvoir. Les personnages sont constamment confrontés à des choix qui les obligent à sacrifier une partie de leur humanité pour atteindre leurs objectifs.

Date: 1995

Fargo*

Fargo*

Réalisateur: Joel COEN

avis:

c'est : une plongée dans la misérabilité des personnages, où la banalité de leurs actions sont exposées avec une honnêteté brutale et sans fard. c'est la quintessance  de la nullité, montrant comment les choix et les actions des personnages peuvent mener à des situations à la fois tragiques et grotesques. Les personnages, pris dans des circonstances souvent absurdes, reflètent une réalité où l'espoir semble constamment étouffé par leur propre médiocrité.

Et surtout, c'est : Frances McDormand qui dans un paysage de désolation,  brille par sa simplicité et son authenticité, c'est un modèle de subtilité et de force tranquille. McDormand apporte une profondeur et une humanité à son personnage, incarnant une forme de sagesse et de résilience qui contraste fortement avec le chaos et la stupidité qui l'entourent. Son personnage montre que la beauté  peut émerger même dans les récits les plus sombres.

 

Date: 1996

Le voleur

Le voleur

Réalisateur: Louis MALLE

avis:

c'est : Georges Randal, un voleur mélancolique et désabusé, de la fin du 19eme siècle,qui navigue entre les mondes de la richesse et de la pauvreté. La beauté des décors bourgeois, avec leurs intérieurs richement décorés et leurs paysages urbains, sert de toile de fond à une histoire de désillusion. 
On découvre aussi la remarquable organisation des voleurs, vraie société souterraine partageant planques, informations sur les coups potentiels et vraie solidarité pour les complices en difficulté ou en cavale Ces deux mondes s'opposant continuellement.

Et surtout, c'est : Belmondo qui navigue parfaitement dans ces deux mondes, bourgeois et populaire, en ayant toujours lair détaché mais qui se révèle quand même comme un justicier impitoyable.

Date: 1967

Funny games

Funny games

Réalisateur: Mickaël HANEKE

avis:

C’est : cette barbarie pure, sans but, sans raison, une violence inexpliqué, qui ne résout rien, qui ne sert à rien. Hanke filme l’horreur comme un jeu, mécanique, implacable, et d’autant plus terrifiante qu’elle est gratuite. Pas de monstre, pas de folie, pas de dogme,  juste deux hommes, deux visages banals, et une cruauté qui s’installe comme un invité surprise.

c'est : ce vertige qui reste, et si l'horreur extrème, c’était l’absence de réponse ? Et si, dans d’autres circonstances, j’en étais capable, moi aussi ? Le film ne montre pas la violence, il montre le vide.

Et surtout, c’est : un abîme Sans Fond, un abîme de perplexité.

Date: 1997

L.A. Confidential

L.A. Confidential

Réalisateur: Curtis HANSON

avis:

 

C’est : ce trio de flics qui forme un seul homme éclaté, Bud White  la brutalité comme exutoire, tout en muscles et en rage rentrée, Ed Exley, la réflexion cynique et calculatrice, l’ambition en costume et Jack Vincennes, le plaisir et la corruption, l’élégance du vice. Trois visages d’une même Amérique, celle qui frappe, celle qui manipule, celle qui se vend.

Et surtout c'est : Kim Basinger, superbe et tragique, à la fois victime et jouisseuse, l’ange et le démon de ce Los Angeles de pacotille. cette sensation enivrante de voir Hollywood s'entre-dévorer, avec insouciance.

Date: 1997

Lost Highway

Lost Highway

Réalisateur: David LYNCH

avis:

 

C’est : un choc muet, assis dans le noir d’une salle de cinéma, qui résume Lost Highway : un film qui résiste à toute explication, qui glisse entre les doigts comme du sable, et vous laisse sonné, fasciné, incapable d’en parler. Lynch ne raconte pas une histoire, il vous plonge dans un cauchemar avec à la fin  la certitude d’avoir compris quelque chose, avant de réaliser que rien n’a vraiment de sens.

Il y a ces images qui brûlent la rétine : le visage déformé de Fred Madison dans l’interphone, Ramstein, Patricia Arquette,  les couloirs sombres du Lost Highway Hotel, la mercedes aux 1000 chevaux, David Bowie. Lynch ne vous guide pas, il vous abandonne dans un labyrinthe de sons et de visions, où chaque plan est à la fois magnifique et glaçant. On cherche des repères, une logique, mais Lost Highway refuse de se laisser saisir.

Et surtout, c’est : une énigme qui vous regarde en retour, en silence. On en sort changé, mais incapable de dire comment, c'est le Vertige d'un Cauchemar Éveillé

Date: 1997

Le Cercle rouge

Le Cercle rouge

Réalisateur: Jean Pierre MELVILLE

avis:

C’est : cette scène du delirium tremens, vue enfant qui m’a marqué à jamais, ces animaux fantomatiques sortant du placard d’Yves Montand, dans un silence glaçant, comme si la folie elle-même était une créature muette, rampante, plus terrifiante que n’importe quel crice vide sonore, cette immobilité tendue où chaque ombre semblait respirer.

Et puis, il y a Bourvil. Lui, l’homme au rire si familier, si rassurant, joué ici sans une once de comédie, le visage fermé, les gestes lourds de fatigue et de résignation. Le voir ainsi, dépouillé de sa légèreté, avait quelque chose de sacrilège et de bouleversant comme si Melville avait volé son âme pour en faire un fantôme trainant sa mélancolie comme un boulet. 

Et surtout, c’est :  ce mélange d’enfance et de maturité qui me saisit, l’émerveillement terrifié de l’enfant devant les monstres silencieux, et la compréhension adulte de cette beauté sombre.

 

 

Date: 1970

Monstres et Cie*

(Monsters, Inc.)
Monstres et Cie*

Réalisateur: Pete DOCTER

avis:

c'est : une histoire touchante d'apprivoisement mutuel entre une petite fille, Bouh, et Sully, un monstre. Le lien qui s'établit entre eux va bouleverser l'ordre établi, permettant à Sully de s'éloigner du rôle que la société et son apparence lui avaient assigné. Ce récit est un mélange idéal du "Kid" de Chaplin, avec cette complicité qui s'installe entre Sully et Bouh, et des "Temps modernes", avec cet univers mécanique de l'usine où travaille Sully et où Bouh finit par atterrir.

La porte, interface entre la chambre d'enfant et l'usine des monstres, symbolise la peur de l'inconnu mais aussi la possibilité de découvrir le monde extérieur, rappelant les fins des films de Chaplin où l'espoir et l'aventure se mêlent.

Et surtout, c'est : le sourire éclatant de Sully lorsque le premier mot intelligible de Bouh lui est adressé: « Minou »

Date: 2001

Gosford Park*

Gosford Park*

Réalisateur: Robert ALTMAN

avis:

 

c'est : la magistrale déconstruction des dynamiques sociales et des secrets enfouis au sein des familles de l'aristocratie britannique.

La narration  utilise des dialogues superposés et des mouvements de caméra fluides pour créer une atmosphère immersive. Cette approche permet de capturer les nuances des interactions sociales, où chaque regard et chaque mot peuvent révéler des couches de signification cachées.

Et surtout, c'est : un enchevêtrement habile de mystère, de non-dits, de drame et de comédie, offrant une vision à la fois critique et compatissante de la société britannique.

Date: 2002

Le Limier*

(Sleuth)
Le Limier*

Réalisateur: Joseph L. MANKIEWICZ

avis:

 

C’est : ce duel envoûtant, où le charme suranné et l’arrogance intellectuelle se transforment en armes mortelles. Le Limier est la danse macabre de deux hommes que tout oppose, sauf leur génie, liés par une fascination mutuelle teintée de mépris. Mankiewicz filme cette mécanique grisante du pouvoir et de l’intellect ou Le charme est une arme, l’érudition un piège, et la supériorité de classe un jeu dont les règles sont immuables.

Et surtout, c’est : l’art de transformer la haine en élégance, la cruauté en esprit, et la chute en triomphe.

Date: 1972

Lost in translation*

Lost in translation*

Réalisateur: Sofia COPPOLA

avis:

 

C’est : cette solitude si précise, celle qui vous prend aux tripes à certains moments de la vie, quand tout semble à la fois trop grand et trop vide, quand les néons de Tokyo clignotent comme des étoiles mortes, et qu’on se sent étranger même à soi-même. DAns ce film ce n'est pas une souffrance, mais une révélation. Le cinéma, parfois, nous apprend à aimer nos propres ombres. Et Lost in Translation est ce genre de film, nous montrant que la tristesse peut être belle.

Scarlett Johansson à l’acmé absolue de sa beauté. Elle est tout à la fois la jeune femme perdue et la déesse intouchable, la fragilité incarnée et la lumière qui perce l’obscurité. Elle existe, tout simplement.

Et surtout, c’est : la mélancolie comme Art de Vivre.

Date: 2003

Kill Bill*

Kill Bill*

Réalisateur: Quentin TARANTINO

avis:

C’est : un spectacle flamboyant, la catharsis par le sang et le style, un mélange de cinéma de kung-fu, de western spaghetti et de comics ultra-violents, où chaque coup de sabre, chaque balle tirée, chaque cri de douleur devient une note dans une symphonie déjantée. des geysers de sang, des combats chorégraphiés comme des ballets mortels, une exagération assumée qui défie toute logique.

Et surtout, c’est : l'art unique de transformer l’horreur en plaisir coupable, on rit, on frissonne, on est subjugué, Tarentino est là pour nous faire aimer ce qu’on devrait détester. Kill Bill, c’est le cinéma comme exutoire où l’on peut hurler, rire, frémir, et laisser la folie nous traverser sans culpabilité. Parce qu’il faut que le sang coule à l’écran pour que nos propres tensions s’apaisent.

Date: 2003

Match point*

Match point*

Réalisateur: Woody ALLEN

avis:

 

C’est cette inversion implacable qui fait de Match Point un thriller moral aussi élégant que glaçant. Au début, Chris est le papillon, beau, chanceux, insouciant, virevoltant entre deux mondes sans jamais se brûler. Face à lui, Nola est le cafard, vulnérable, collante, un peu pathétique, écrasée par les désirs des autres. Puis, le film bascule. Chris, après son crime, devient l’insecte rampant rongé par la culpabilité, prisonnier de son mensonge, condamné à vivre dans l’ombre de son acte. Tandis que Nola, morte mais omniprésente, se transforme en papillon noir, libre enfin, légère, presque triomphante dans la mémoire des autres.

Woody Allen filme cette métamorphose comme une malédiction, celui qui avait tout perd son âme, et celle qui n’avait rien gagne une forme d’éternité. Le hasard a parlé mais la vraie tragédie, c’est que personne ne s’en sort vraiment gagnant. Juste deux destins écrasés par le poids de leurs choix, l’un vivant comme un mort, l’autre morte comme une légende. Match Point n’est pas l’histoire d’un meurtre, mais celle d’une chute et de l’ironie cruelle du sort.

et surtout c'est : la métamorphose cruelle de Scarlett Johanson.

Date: 2005

The Kid*

(The Kid)
The Kid*

Réalisateur: Charlie CHAPLIN

avis:

 

C'est : un récit poignant qui met en lumière les injustices sociales et les difficultés de la vie, une ode à la résilience et à l'innocence face à l'adversité. j'ai ressenti une profonde injustice dans les épreuves que les personnages traversent, et cette empathie pour les personnages est amplifiée par la pureté et la naïveté du regard enfantin.

C'est la vulnérabilité humaine portée à l'écran, mêlant des moments de joie et de tendresse.

Et surtout, c'est : une sensibilité qui résonne particulièrement lorsque l'on est enfant et que l'on voit ce film, car elle permet une identification à la lutte du Kid et de ressentir une connexion immédiate avec son désir de trouver un foyer et de l'amour.

Date: 1922

Nosferatu le vampire

(Nosferatu, eine Symphonie des Grauens)
Nosferatu le vampire

Réalisateur: Friedrich MURNAU

avis:

c'est : une métaphore glaçante de l'aristocratie est-européenne d'avant la Première Guerre mondiale, dépeinte comme méprisante et corrompue, se nourrissant de la crédulité et de la misère d'un peuple désemparé. À travers le personnage du comte Orlok, le film montre une classe dominante vampirique, exploitant sans pitié ceux qu'elle considère comme inférieurs.

Et surtout, c'est : une œuvre imprégnée d'une ambiance étrange et inquiétante, avec des images obsédante laissant une empreinte indélébile dans l'esprit des spectateurs depuis 100 ans.

 

Date: 1922

Monte là-dessus

(Safety Last!)
Monte là-dessus

Réalisateur: Fred C. NEWMAYER

avis:

c'est : une ascension sociale vertigineuse qui capture l'esprit du capitalisme en plein essor. Le film incarne l'enthousiasme, l'insouciance et l'ambition débridée des Américains, toujours en mouvement, toujours en quête de la prochaine grande opportunité. C'est un récit où la richesse peut être acquise en un jour et perdue le lendemain, reflétant la volatilité et l'optimisme inébranlable d'une époque où tout semble possible.

Et surtout, c'est : un film qui utilise des trompe-l'œils de l'esbroufe, un rythme effréné ce qui nous emporte dans cette quête incessante de réussite.

 

Date: 1923

Le Dernier des hommes

(Der letzte Mann)
Le Dernier des hommes

Réalisateur: Friedrich MURNAU

avis:

C’est : un portier majestueux dans un monde où un homme se mesure à son costume. Pas de mots, pas de musique juste le poids des regards, la lourdeur des portes qui se ferment, et cette caméra qui, d’un simple mouvement, montre le déclassement, la dignité d’un homme s’effacer, une vie se transformer en ruine.

Et surtout, c’est : cet effet visuel révolutionnaire, les flashbacks en surimpression, où les souvenirs de gloire du portier s’effritent comme des images fantômes, superposées à sa réalité misérable.

Date: 1924

Vincent, François, Paul… et les autres*

Vincent, François, Paul… et les autres*

Réalisateur: Claude SAUTET

avis:

C'est : un film qui laisse en bouche un goût amer et doux à la fois, celui de la défaite et de la résistance obstinée. C'est la chute d’un homme, Yves Montand, dont le personnage incarne l’énergie d’un combattant confronté à l’échec, à la trahison, à cette lente érosion des idéaux qui le rongent ses projets s’effondrer, ses amitiés se fissurer et son amour se consumer, résonne comme un écho douloureux de nos propres désillusions.

Pourtant, c’est précisément dans cette amertume que réside la beauté du film. Car malgré tout, malgré les coups du sort et les trahisons, Montand conserve cette énergie indomptable, cet espoir indéfectible qui le pousse à se relever, encore et toujours. 

Et surtout, c'est : un film  nous rappelle que la grandeur ne réside pas dans l’absence d’échecs, mais dans la manière de les affronter.

Date: 1974

There Will Be Blood

There Will Be Blood

Réalisateur: Paul Thomas ANDERSON

avis:

c'est : un film éprouvant, notamment à cause du silence omniprésent qui entoure Daniel Plainview, celui-ci est mu par une ambition dantesque de pouvoir matériel. Ces silences sont contrasté par la sourde ténacité d'Eli Sunday, lui-même animé par une ambition de pouvoir spirituel. Ces deux personnages solitaires incarnent des industries perverses, où l'ambition et la quête de domination se heurtent dans un combat sans merci.

Et surtout, c'est : de la mégalomanie et de l'entêtement pur et c'est tellement cinématographique.

Date: 2007

Scarface

Scarface

Réalisateur: Howard HAWKS

avis:

c'est : une réinterprétation audacieuse de la famille Borgia transposée dans les années 30, pervertissant un peu plus le mythe du rêve américain. Ce film montre comment la prohibition a propulsé Scarface au sommet, où il ne sera arrêté que lorsque ses propres émotions le submergeront. Sa chute spectaculaire devient le modèle d'autodestruction pour tous les films de gangsters qui suivront.

Et surtout, c'est : le film qui porte le slogan le plus Nixonien qui soit : "Le Monde vous Appartient", une phrase qui résume à elle seule l'ambition démesurée et la quête de pouvoir personelle destructrice qui caractérisent l'ère moderne.

 

Date: 1933

Monsieur Smith au Sénat*

(Mr. Smith Goes to Washington)
Monsieur Smith au Sénat*

Réalisateur: Frank CAPRA

avis:

C’est : la rudesse des luttes d’influence, les malversations, les corruptions, les magouilles, les lâchetés, les trahisons, les élans brisées et les désillusions MAIS c'est aussi cette obstination têtue qui refuse de voir la démocratie comme une cause perdue. C’est cette foi inébranlable en l’action, en la possibilité de faire bouger les lignes malgré tout. Parce que la démocratie, même boiteuse, même corrompue, reste ce régime où l’espoir a encore sa place, "le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres", comme Churchill le résumera plus tard.

Mais ce qui rend ce combat possible, ce qui lui donne sa force et sa ruse, c’est souvent une présence discrète, presque invisible, et pourtant décisive, celle d’une femme. Pas sous les projecteurs, mais dans l’ombre des bureaux, des conseils, des stratégies. Une figure typique du cinéma des années 30, où le pouvoir féminin, bien que rare à l’écran, est souvent le vrai moteur de l’histoire. Sans elle, pas de révolte qui tienne, pas de discours qui porte, pas de victoire possible.

Et surtout, c’est : un combat toujours recommencé, toujours nécessaire.

 

 

Date: 1939

Voyage au bout de l’enfer

(The Deer Hunter)
Voyage au bout de l’enfer

Réalisateur: Mickaël CIMINO

avis:

c'est : une exploration poignante des conséquences dévastatrices de la guerre sur une petite communauté ouvrière américaine. Le film montre comment chaque membre de cette communauté paie, à divers degrés, son tribut à la guerre. Pour ceux qui survivent, l'horreur ne s'arrête pas avec la fin des combats ; ils doivent endurer la tension horrible et diffuse de la peur, un héritage psychologique qui persiste bien après la fin des hostilités.

Et surtout, c'est : un bilan accablant de la guerre, résumé par Gabriel Chevallier en parlant de la Première Guerre mondiale, mais qui s'applique tout aussi bien ici : "cinquante grands hommes dans les manuels d'histoire, des millions de morts dont il ne sera plus question, et mille millionnaires qui feront la loi." Le film met en lumière les coûts humains et sociaux de la guerre, tout en soulignant l'ironie cruelle de ses conséquences économiques et politiques.

Date: 1978

Les voyages de Sullivan

(Sullivan's Travels)
Les voyages de Sullivan

Réalisateur: Preston STURGES

avis:

C’est : ce regard distant, celui d’un Sullivan qui observe les hommes comme des fourmis agitées, des créatures à étudier avec une curiosité amusée et un détachement poli. Le monde normal, ses conventions, ses drames, ses petites ambitions n’est pour lui qu’un vaste terrain d’expérimentation, un spectacle où il joue des rôles sans jamais s’y perdre. Il erre entre les classes, les identités, les situations notant leurs mœurs avec une ironie légère et où finalement le vrai voyage, c’est de réaliser que, personne pas même Sullivan n’échappe à la comédie humaine.

Et surtout c'est : Véronika Lake, cette beauté à couper le souffle, fragile et lumineuse, dépouillée de ses rôles de vamp fatale. Loin des ombres du film noir, elle devient presque irréelle, un visage d’ange égaré, une grâce mélancolique.

Date: 1941

La chasse

(Jagten)
La chasse

Réalisateur: Thomas VINTERBERG

avis:

C’est : cette impossibilité de prouver son innocence quand le monde a déjà jugé. Cette forêt dense et hostile, où chaque arbre semble se refermer sur Lucas, un labyrinthe sans issue où les chemins se brouillent et où les cris se perdent. Elle amplifie chaque bruit, chaque souffle, chaque pas qui pourrait le trahir, comme si la nature elle-même était devenue complice de sa condamnation.

La forêt, c’est la société qui l’encercle, une masse indistincte de regards accusateurs, de murmures étouffants, de jugements sans appel. Lucas s’y débat, cherchant en vain une échappatoire dans un monde qui a déjà scellé son sort.

Et surtout, c’est : le cinéma de l’effroi ordinaire, celui où la culpabilité n’est plus une question de faits, mais de croyance.

Date: 2012

Le Récupérateur de cadavres

(The Body Snatcher)
Le Récupérateur de cadavres

Réalisateur: Robert WISE

avis:

C’est : Édimbourg la lumineuse du XIXe siècle, ville où la science naissante se heurte aux ombres d’un monde préscientifique, où les codes moraux étouffants obligent les pionniers à ruser, à exagérer, à enfreindre les règles pour faire avancer la connaissance. Les médecins, les étudiants, les voleurs de cadavres ne sont pas seulement des voleurs, ce sont des entrepreneurs du macabre, des hommes qui transforment la mort en opportunité, c’est l’histoire d’une Écosse où l’esprit capitaliste infuse jusqu’aux activités les plus sombres, où l’on brave les tabous pour prospérer.

Et puis, il y a Bela Lugosi, dont la présence seule incarne cette dualité. Son jeu, à la fois théâtralement ancré dans le XIXe siècle (gestes amples, regards perçants, voix grave et mélodramatique) et étrangement moderne, porte en lui la symbolique du XXe siècle cinématographique. Il est le pont entre deux époques, un méchant qui semble tout droit sorti d’un cauchemar romantique, mais dont la menace, la sensualité et l’aura mystérieuse préfigurent les monstres du cinéma à venir. Lugosi, c’est la peur et la fascination, le passé qui hante le présent, un maniérisme qui devient, sous les projecteurs, une icône intemporelle.

Et surtout c'est : cette Écosse où la science doit se faire dans l’ombre, où le progrès vue que par une minorité naît de la transgression.

Date: 1945

un million clé en main

(Mr. Blandings Builds His Dream House)
un million clé en main

Réalisateur: Henry C. POTTER

avis:

c'est : une comédie délicieusement intemporelle qui, prend une résonance presque thérapeutique si un jour vous faites des travaux dans une maison : c’est un miroir hilarant et étrangement réconfortant des déboires inhérent à une telle activités.

Le film sublime ce bonheur mitigé, fait de rires et de soupirs, où chaque scène de chaos architectural, chaque retard, chaque dépassement de budget résonne avec une familiarité presque douloureuse. Pourtant, malgré les désastres, le film conserve une légèreté envoûtante, comme pour rappeler que ces épreuves, aussi absurdes soient-elles, font partie du charme étrange de construire un foyer.

Et surtout, c'est : le charme indissoluble de Cary Grant qui transforme cette satire de la propriété immobilière en une ode à la persévérance et à la vie de famille. Son personnage, bien qu'incompétent et exaspéré, incarne une détermination joyeuse et une tendresse palpable pour sa femme et ses enfants. Le film capture cette alchimie rare entre frustration et bonheur domestique, où les murs qui s’écroulent et les portes qui coincent deviennent, malgré tout, les fondations d’une histoire d’amour et de résilience. Une comédie qui, des décennies plus tard, reste d’une justesse désarmante – et d’un réconfort inattendu pour quiconque a déjà tenu un marteau en se demandant : "Mais pourquoi ai-je commencé ça ?"

Date: 1948

Police

Police

Réalisateur: Maurice PIALAT

avis:

 

C'est : un cinéma qui refuse les fioritures, les héros lissés, les intrigues bien huilées. C’est aimer un film où tout semble trop brut, trop lent, trop réel. Pialat filme ses personnages comme on observe des animaux sauvages, sans jugement, sans pitié, mais avec une attention si intense qu’on finit par voir leur beauté là où les autres ne verraient que laideur ou banalité.

Et surtout c'est : cette manière qu’a Pialat de montrer des moments de grâce de misère et de maladresse. Le film avance par à-coups, il nous confronte à la vieà ces imperfections et à la vérité crue.

Date: 1985

Beetlejuice

Beetlejuice

Réalisateur: Tim BURTON

avis:

c'est : une œuvre déjantée humouristique et saztirique. Le film est une revisitation des décors expressionnistes des années 1920, avec des portes biscornues et des couloirs aux perspectives faussées, créant un univers légèrement décalé et bizarre, mais qui, finalement, nous semble étrangement familier.

C'est une démonstration de virtuosité imaginative, oscillant constamment entre l'horreur et le comique, entre la grosse farce et le macabre. Tim Burton, avec son style unique, mélange les genres pour créer une expérience cinématographique qui est à la fois effrayante et hilarante.

Et surtout, c'est :  Winona Ryder


 

 

Date: 1988

La belle équipe

La belle équipe

Réalisateur: Julien DUVIVIER

avis:

C’est : cette croyance enfantine en une amitié parfaite, où l’argent et l’amour n’auraient pas leur place, où tout serait simple, fraternel, éternel. C’est l’histoire de ces hommes qui rêvent ensemble, persuadés que leur chance, leur force et leur fraternité suffiront à construire un bonheur sans calculs ni trahisons, convaincus que la vie, enfin, va leur sourire. C'est aussi cette beauté mélancolique de la naïveté celle qui nous fait vibrer parce qu’on sait, nous, que le rêve est déjà condamné. L’argent arrive, et avec lui, les doutes, les jalousies, les désirs qui se réveillent. L’amour s’en mêle, et soudain, l’amitié parfaite se fissure, comme un château de cartes sous le vent. Ces hommes ont la fragilité de leur espoir démesuré, cette façon désespérée de s’accrocher à un bonheur qui, à peine esquissé, s’évanouit déjà entre leurs doigts.

Et surtout c’est : le cinéma de l’illusion nécessaire celle qui nous rappelle que les moments de la vie, aussi éphémères soient-ils, valent la peine d’être vécus. 

 

 

Date: 1936

Elephant

Elephant

Réalisateur: Alan CLARKE

avis:

C'est : une répétition obsessionnelle, les scènes se suivent, presque identiques, comme une boucle infernale. Les tueurs marchent, tirent, recommencent. Pas de suspense, pas de climax, pas de progression dramatique, juste une routine de mort. Notre cerveau, habitué aux récits qui expliquent la violence , est ici privé de repères. On cherche un sens, une émotion, une réaction et il n’y a rien. Juste le bruit des pas, le claquement des portes, les coups de feu.  On est fasciné parce qu’on ne comprend pas, et on veut savoir!!

Et surtout c'est : une désensibilisation forçée, en répétant les meurtres comme une litanie, le film nous force à nous interroger; quand devient-on indifférent ? La première scène choque. La deuxième intrigue. La troisième on commence à anticiper. La violence, n’est pas un événement, c’est un système.

Date: 1989

L'Impasse*

(Carlito's Way)
L'Impasse*

Réalisateur: Brian DE PALMA

avis:

C’est : ce titre, en français comme en anglais, qui résume à lui seul toute la tragédie du film : L'Impasse/Carlito’s Way,  cette route sans issue qu’il a choisie il y a longtemps et dont il ne sortira jamais, même en courant. Le film n’est pas l’histoire d’un homme qui tente de s’échapper, mais celle d’un homme qui comprend, trop tard, qu’il n’a jamais eu le choix. Chaque décision, chaque trahison, chaque espoir est déjà écrit dans ce titre une fatalité comme une condamnation.

Et puis, il y a cette manière qu’a De Palma de placer sa caméra, comme un destin qui épie. Les travellings fluides, les plans serrés, les ralenties, les vues d'en haut, tout crée de la tension, on est avec lui, on souffre avec lui, on espère contre toute raison qu’il va s’en sortir, alors qu’on sait, dès le début, que c’est impossible. La caméra ne juge pas, nous murmure Tu vois bien qu’il n’a aucune chance… mais regarde-le essayer quand même.

Et surtout c'est : un film d’un homme qui court vers une lumière qu’il sait déjà éteinte. C’est ça, la vraie tragédie, pas la chute, mais l’espoir qui persiste.

Date: 1993

The servant*

The servant*

Réalisateur: Joseph LOSEY

avis:

 

C’est : cette droiture apparente, cette rigidité morale que le noir et blanc exacerbe, transformant chaque plan en un tableau de règles et d’apparences. The Servant joue avec les contrastes tranchants, les lignes strictes, un univers où tout semble maîtrisé, jusqu’à ce que les contours se brouillent. La photographie, d’une austérité extrème, reflète l’illusion d’un ordre immuable, alors que chaque détail trahit sa fragilité.

Et surtout c'est : un univers où la droiture n’est qu’un masque.

Date: 1964

La peau douce

La peau douce

Réalisateur: François TRUFFAUT

avis:

C’est : cette douceur enveloppante, ce calme trompeur qui imprègne chaque plan, chaque regard, chaque geste, comme si le film retenait son souffle, comme si tout pouvait basculer à tout instant, mais sans jamais crier, sans jamais forcer. c'est la performance de Desailly, tout en retenue et en douceur blessée, qui fait de La Peau douce un chef-d’œuvre. Il ne crie jamais, ne s’emporte jamais il essaie, simplement, désespérément, de faire les choses comme il faut. Il est l’homme qui veut bien faire, Il y a une tragédie dans cette douceur même, celle de voir un homme se perdre sans bruit, sans drame, presque sans s’en rendre compte.

Et surtout c'est : Truffaut filme cette chute avec une tendresse cruelle sans jugement, sans moralisme, juste avec cette évidence douloureuse, même les esprits les plus raffinés, les vies les plus bien rangées, peuvent être balayées par un désir, une folie passagère, un instant d’égarement. Et c’est ça, la beauté du film, montrer que la passion n’a que faire de la raison, que les hormones n’ont que faire de la culture, et que parfois, une vie entière peut basculer… sur un simple effleurement de peau douce.

Date: 1964

Le Deuxième Souffle*

Le Deuxième Souffle*

Réalisateur: Jean-Pierre Melville

avis:

C’est : l’histoire d’un homme trop fier pour être malin, trop loyal pour survivre. Gu n’est pas un génie du crime, il se fait prendre, trahir, coincer, comme s’il courait vers sa fin sans jamais chercher à l’éviter. Alors pourquoi s’attacher à ce gangster maladroit, violent et condamné d’avance ? Parce que son honneur est sa seule arme, une parole donnée qui vaut plus que l’or, un code qui le tient debout alors que tout s’effondre.

Et surtout, c’est : un dernier combat, celui d’un monde où les valeurs comptent plus que les victoires.

Date: 1966

Luke la main froide

(Cool Hand Luke)
Luke la main froide

Réalisateur: Stuart ROSENBERG

avis:

C’est : ce gamin têtu, buté, qui cherche sans cesse les limites, qui refuse obstinément de faire ce qu’on lui dit, comme si obéir équivalait à renoncer trahir une part essentielle de lui-même. Paul Newman, est un enfant coincé dans le corps d’un adulte, un homme qui n’a jamais appris à plier, à accepter les règles, à grandir. Il n’est pas méchant, il est incorrigible, il ment, il triche, il fuit  par peur panique de se laisser enfermer dans le carcan du monde adulte.

Et surtout c’est : cette insoumission viscérale, cet entêtement presque pathologique à dire "non" par principe. Ce qui m'a touché, au fond, c’est sa vulnérabilité celle d’un homme qui résiste, parce que lâcher prise, pour lui, ce serait renoncer à exister. Luke n’est pas un rebelle, c’est un enfant blessé qui refuse de devenir ce qu’on attend de lui.

Date: 1967

La horde sauvage

(The Wild Bunch)
La horde sauvage

Réalisateur: Sam PECKINPAH

avis:

c'est : la fin des illusions sur l'Ouest américain. Sergio Leone  a commencé à déconstruire le mythe de cet Ouest, mettant fin à l'embellissement des héros soi disant mus par leur sens de la justice ou de l'honneur, du coup Sam Peckinpah va se faire plaisir en nous montrant des bandits loqueteux, des soldats impuissants et désorientés, ainsi que des cowboys vieillissants et désabusés.

C'est une démonstration nihiliste de la conquête de l'Ouest américain, une lutte entre le mal et le mal, qui se perpétue à travers des enfants pris au milieu de cette violence et qui la miment pour mieux la perpétuer plus tard. Le film reflète la fin des années 60 et semble avoir une prémonition de ce que seront les années 70, années de désillusion.

Et surtout c'est :  la violence, la réalité brutale de cette époque.

 

Date: 1969

La loi du milieu

(Get Carter)
La loi du milieu

Réalisateur: Mike HODGES

avis:

c'est : un récit de vengeance celle d'un homme poussé à l'extrême pour rétablir un semblant d'équilibre dans le grand balancier de la justice. La vengeance ici n'est pas un choix désiré, mais une nécessité imposée par les circonstances, où chaque action semble dictée par un code d'honneur sombre et implacable. Le film plonge dans les profondeurs d'une société où la violence est souvent la seule réponse possible, révélant les failles et les contradictions d'un monde où la justice officielle ne peut accéder.

c'est aussi un film sur une époque et un lieu, où le glamour et la décadence se côtoient, l'Angleterre des années 70, mêlant réalisme social et style visuel distinctif.

Et surtout, c'est : Mickael Caine qui a la classe…c’est un gentleman impitoyable élégant et sophistiqué et non un tueur vulgaire, c’est l’Angleterre des années 70, qui elles aussi ont la classe, au cinéma en tout cas.

Date: 1971

Il était une fois la révolution

(Giù la testa)
Il était une fois la révolution

Réalisateur: Sergio LEONE

avis:

C’est : d'abord ce pub en Irlande, ce repaire de révolte permanente, un mélange de nostalgie, de rage et de soif d’aventure.

Et puis, il y a cette confrontation de deux mondes, l’européen et l’américain, le vieux continent et ses rêves de grandeur qui vont s'effondrer face à l’Ouest sauvage et ses promesses de chaos. Leone mélange les chevaux et les motos, la sueur et le les verres de cristal, les gilets raffinés couverts de poussière et les fauteuils capitonnés utilisés dans le désert. C’est un western qui sent la poudre et l’huile de machine, où les gueules des acteurs sont façonné par le soleil la vie et les explosions.

Et surtout la révolution c'est : un prétexte pour vivre, avant que tout ne parte en fumée.

Date: 1971

Le Privé

(The Long Goodbye)
Le Privé

Réalisateur: Robert ALTMAN

avis:

c'est : la meilleure transposition à l'écran d'une œuvre de Raymond Chandler, et ça c'est déjà suffisant.

Le film met en scène un anti-héros dégingandé, traînant sa lassitude dans un monde peuplé de riches, tout en gardant précieusement ses valeurs de loyauté, de cynisme et d'intégrité. Ce personnage, incarné avec brio, navigue dans un environnement où la corruption et la superficialité règnent, mais où sa propre moralité reste inébranlable.

Et surtout, c'est : la nonchalance jazzy et l'attitude "je-m'en-foutiste" d'Elliott Gould, qui apporte au rôle une touche unique et inoubliable. Gould incarne à la perfection ce détective désabusé, dont le charme désinvolte et l'humour sec donne au film une atmosphère distinctive.

Date: 1973

L’Homme des hautes plaines

(High Plains Drifter)
L’Homme des hautes plaines

Réalisateur: Clint EASTWOOD

avis:

C’est : le western dans toute sa splendeur, la vengeance qui se tait, qui se prépare, qui s’étire dans le silence et la lenteur. Un calme apparent, presque hypnotique, où chaque plan, chaque regard, chaque geste est taillé pour l’humiliation d’une population couarde, l’acmé d’une tension accumulée avec une précision implacable. Le film se construit comme une lame qu’on aiguise, patiemment, jusqu’au coup de grâce.

Et surtout, c’est : ce miroir tendu vers toutes les époques, où des faits divers similaires montrent comment la lâcheté collective a laissé prospérer le mal. Une réponse brutale à l’inaction. Eastwood y incarne cette justice silencieuse, implacable et profondément cathartique.

Date: 1973

Soleil vert

(Soylent Green)
Soleil vert

Réalisateur: Richard FLEISCHER

avis:

C’est : ce frisson rétrospectif, ce moment où mon enfance bascule devant l’évidence crue, la prise de conscience que l’humanité ne fait que sceller son propre destin. Pas de monstre extérieur, pas de catastrophe soudaine : juste nous, nos choix, nos hiérarchies, nos compromissions. Le film m'a frappé parce qu’il ne montre pas une fin lointaine, mais le prolongement logique de ce que nous sommes déjà, une civilisation qui a érigé sa survie en machine à broyer les siens avec ce système implacable, où les luttes de pouvoir ne servent qu’à organiser l’inégalité. Les classes, les castes, les privilèges tout n’est que stratagème pour perpétuer l’illusion d’un ordre.

Et surtout, c’est :  la seule loi qui compte, depuis toujours et pour tous les êtres vivants : survivre. Pas pour grandir, pas pour créer, mais pour tenir, coûte que coûte, dans un monde où l’on a oublié que la vie n’est pas une ressource, mais une coïncidence extraordinaire et unique.

Date: 1973

Zardoz

Zardoz

Réalisateur: John BOORMAN

avis:

C'est : la vacuité et la mélancolie qui dominent un monde qui semble avoir perdu tout sens de l'aventure et du défi. Zardoz de John Boorman montrent  l'ennui existentiel et  la stagnation qui résultent d'une vie sans confrontation, sans danger, où les personnages errent dans un état de léthargie spirituelle.

ce sont des êtres vivant dans un monde apparemment utopique, mais qui sont en réalité prisonniers d'une vie sans but, où la capacité d'adaptation et de croissance personnelle s'est atrophiée faute de défis à surmonter.

Et surtout, c'est : une réflexion sur la nécessité du danger des défis et de l'adversité pour donner un sens à la vie.

Date: 1974

Wassup rockers

Wassup rockers

Réalisateur: Larry CLARK

avis:

c'est: une super BO

Date: 2005

L’Horloger de Saint-Paul

L’Horloger de Saint-Paul

Réalisateur: Bertrand TAVERNIER

avis:

C’est : ce talent de Bertrand Tavernier qui transforme une vie simple, un père, un fils, un drame, en une réflexion sensible sur l’amour et l’incompréhension. Philippe Noiret, d’abord dépassé, se révèle dans l’épreuve et trouve la force de se réinventer pour son fils.

Et surtout, c’est : cette évocation juste du fait qu’on ne connaît jamais vraiment ses enfants. Élever, c’est accompagner sans retenir, accepter qu’ils nous échappent tout en l'accompagnant et, peut-être, se découvrir soi-même en chemin.

Date: 1974

Furie

(Fury)
Furie

Réalisateur: Fritz LANG

avis:

c'est :  de la dynamique de foule où les individus perdent leur sens de soi et leur responsabilité personnelle, submergés par l'anonymat du groupe. Le film met en lumière la propension des individus à suivre aveuglément les idées et les émotions prédominantes de la foule, un phénomène qui se propage parmi eux comme une maladie contagieuse.

Et surtout, c'est : une illustration de la bêtise, de la veulerie et de la lâcheté d'une foule, révélant comment l'esprit de groupe peut mener à des comportements irresponsables et destructeurs.

Date: 1936

Le Crime de monsieur Lange

Le Crime de monsieur Lange

Réalisateur: Jean RENOIR

avis:

c'est : une histoire pleine de charme et de chaleur, où l'univers poétique de Jacques Prévert est transposé au cinéma sans être dénaturé. Le film dépeint une charmante petite cour, un capharnaüm de courage populaire, où la vie en communauté montre des associés mettant leurs compétences au service de tous et partageant leurs ressources pour créer un phalanstère sous nos yeux émerveillés. C'est un hommage à l'amour, à l'amitié, aux jolies femmes, et à une société sans patron, incarnant les idéaux de liberté.

C'est l'incarnation cinématographique du Front Populaire, capturant l'esprit de solidarité et d'égalité qui a marqué cette période historique.

Et surtout, c'est : une petite revanche  des modestes sur les gens de pouvoir.

Date: 1936

L'Exercice de l'État

L'Exercice de l'État

Réalisateur: Pierre SCHOELLER

avis:

C’est : cette énergie électrique, celle d’un ministre qui fonce comme un bulldozer dans un monde de procédures, chaque décision est un combat de tous les instants, chaque victoire n'est qu'un compromis. Pas de gloire à la clé, juste des fusibles prêts à sauter pour sauver le système.

Et surtout, c’est : le pouvoir dans ce qu’il a de plus brut et de plus noble, un mélange d’idéalisme et de cynisme, de grandeur et de mesquinerie, de frustration et d'adrénaline où l’on se bat pour des idées en sachant qu’on sera peut-être balayé demain.

 

 

Date: 2011

Le Faucon Maltais

(The Maltese Falcon)
Le Faucon Maltais

Réalisateur: John HUSTON

avis:

C’est : cette intrigue alambiquée, modèle du film noir où chaque réplique est un piège et chaque personnage un suspect. Le Faucon maltais est une mécanique implacable, un labyrinthe de trahisons où l’on se perd avec délice. On croirait presque Bogart consulte l’horloge du studio, tant son Sam Spade semble désabusé par les rebondissements… et pourtant, tout fonctionne. Car le vrai trésor n’est pas le faucon, mais cette galerie de personnages fascinants et répugnants, prêts à tout pour une chimère.

Et surtout, c’est : un film où l’on court, où l’on ment, où l’on tue pour un objet qui n’existe que par le désir qu’il inspire. Bogart, lui, reste planté là, cigarette au bec et regard en coin, comme s’il savait depuis le début que la seule chose qui compte, c’est le jeu lui-même.

Date: 1941

Snow Therapy*

Snow Therapy*

Réalisateur: Ruben OSTLÜND

avis:

C’est : cette question qui hante : « Comment ne pas être déçu par soi-même à 40 ans ? » Elle résonne comme un écho lancinant dans ce décor des Alpes. À 40 ans, on n’a plus l’excuse de la jeunesse, mais pas encore la sagesse de l’âge mûr. On est coincé entre deux mondes, celui des possibilités infinies qui s’éloignent, et celui des responsabilités qui s’accumulent.

Et surtout, c’est : cette révélation cruelle, et si la déception venait moins de nos échecs que de notre incapacité à nous accepter tels que nous sommes ? On ne guérit pas de ses faiblesses, on apprend à vivre avec.

Date: 2014

Le rebelle

(The Fountainhead)
Le rebelle

Réalisateur: King VIDOR

avis:

c'est : l'histoire d'un personnage honnête, obstiné et intègre qui se dresse contre la collectivité. Le film célèbre la liberté, le rêve et la résistance face à la pression sociale, incarnant l'esprit de création et d'indépendance. En opposition à l'establishment, qui prône le pouvoir et la manipulation des masses, le protagoniste incarne la nécessité de briser les chaînes de la conformité.

Et surtout, c'est :  l'importance de l'intégrité artistique et personnelle.

Date: 1949

L'Homme au complet blanc

(The Man in the White Suit)
L'Homme au complet blanc

Réalisateur: Alexander MACKENDRICK

avis:

c'est : le portrait d'un homme de science, lunaire et d'abord inconscient de la portée de ses recherches, potentiellement porteuses de mort. Lorsqu'une femme volontaire et émancipée lui révèle les conséquences de ses travaux, il choisit d'ignorer ces avertissements,

une illustration des dynamiques du capitalisme paternaliste une œuvre qui m'a offert, dès l'enfance, une compréhension du capitalisme à travers un regard perspicace sur le monde de l'entreprise, qu'il s'agisse des patrons ou des ouvriers.

Et surtout, c'est:  la tentation du progrès ést trop grande toujours trop grande.

Date: 1951

Pierrot Le Fou*

Pierrot Le Fou*

Réalisateur: Jean-Luc GODARD

avis:

C'est : l'ennui filmé, prétentieux et d'une vacuité totale, chichiteux, verbeux, maniéré, pédant et snob.

Et surtout, c'est : tellement français, tellement décalé, tellement marquant.

 

Date: 1965

The Big Lebowski*

The Big Lebowski*

Réalisateur: Joel COEN

avis:

C’est : cette nécessité de gens qui n’en ont rien à foutre, pas par paresse, mais par sagesse. Des anti-héros qui refusent de jouer le jeu, ces points d’ancrage immobiles dans un monde qui tourne à l’absurde. Le Dude n’est pas un marginal, c’est un homme libre, libre de ne pas participer, libre de laisser glisser les injonctions péremptoires, les conflits, les ambitions des autres. Dans un système où tout le monde court après quelque chose, son indifférence devient une forme de rébellion.

Et surtout, c'est : ce rappel que le progrès, le succès ou même donner un sens à sa vie, ne sont pas des obligations mais juste des options

 

Date: 1998

Que la bête meure*

Que la bête meure*

Réalisateur: Claude CHABROL

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