L'Inconnu du Nord-Express* (Strangers on a Train)
C’est : ce meurtre à la fête foraine, filmé comme une attraction macabre, la violence transformée en spectacle, où les lumières criardes et les rires d’enfants deviennent le décor d’un crime. La caméra d’Hitchcock, œil complice, nous place dans la peau du tueur, un plan subjectif, un reflet dans des lunettes brisées, et soudain, nous sommes coupables, nous aussi.
C'est : un jeu séduisant, une conversation entre deux inconnus qui pourraient devenir amis. Bruno, avec son sourire enjôleur et ses idées tordues, est un serpent charmant, il fait ses propositions avec cette légèreté terrifiante qui fait frissonner. On comprend que Guy est à la fois fasciné et horrifié, comme nous : on sait que c’est mal, mais on veut voir jusqu’où ça peut aller.
Et surtout, c’est : l’expérience troublante de découvrir que le mal peut être grisant et que parfois, on en redemande.
