Boulevard du crépuscule (Sunset Boulevard)
C'est : une illusion obstinée, où le refus de Norma de voir la réalité devient une prison dorée. C'est une tragédie en technicolor, une plongée vertigineuse dans le passé plutôt que d’affronter l’effritement du monde. Chaque plan de sa demeure décadente, chaque geste théâtral, chaque réplique grandiloquente est un mur érigé contre la vérité : le cinéma l’a oubliée, le public l’a remplacée, impitoyable...
c’est une ancienne star qui se bat contre l’évidence, entourée de serviteurs complices et d’un jeune homme devenu l’otage de ses chimères. Wilder filme cette folie avec une ironie cruelle et derrière le grotesque se cache une mélancolie profonde d’une artiste qui a tout donné à son art.
Et surtout, c’est : un miroir tendu à notre propre peur de l’oubli et on reconnaît dans son délire le désir universel de croire, coûte que coûte, que la lumière ne s’éteindra jamais.
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