Match point*
C’est cette inversion implacable qui fait de Match Point un thriller moral aussi élégant que glaçant. Au début, Chris est le papillon, beau, chanceux, insouciant, virevoltant entre deux mondes sans jamais se brûler. Face à lui, Nola est le cafard, vulnérable, collante, un peu pathétique, écrasée par les désirs des autres. Puis, le film bascule. Chris, après son crime, devient l’insecte rampant rongé par la culpabilité, prisonnier de son mensonge, condamné à vivre dans l’ombre de son acte. Tandis que Nola, morte mais omniprésente, se transforme en papillon noir, libre enfin, légère, presque triomphante dans la mémoire des autres.
Woody Allen filme cette métamorphose comme une malédiction, celui qui avait tout perd son âme, et celle qui n’avait rien gagne une forme d’éternité. Le hasard a parlé mais la vraie tragédie, c’est que personne ne s’en sort vraiment gagnant. Juste deux destins écrasés par le poids de leurs choix, l’un vivant comme un mort, l’autre morte comme une légende. Match Point n’est pas l’histoire d’un meurtre, mais celle d’une chute et de l’ironie cruelle du sort.
et surtout c'est : la métamorphose cruelle de Scarlett Johanson.


