L'Impasse* (Carlito's Way)
C’est : ce titre, en français comme en anglais, qui résume à lui seul toute la tragédie du film : L'Impasse/Carlito’s Way, cette route sans issue qu’il a choisie il y a longtemps et dont il ne sortira jamais, même en courant. Le film n’est pas l’histoire d’un homme qui tente de s’échapper, mais celle d’un homme qui comprend, trop tard, qu’il n’a jamais eu le choix. Chaque décision, chaque trahison, chaque espoir est déjà écrit dans ce titre une fatalité comme une condamnation.
Et puis, il y a cette manière qu’a De Palma de placer sa caméra, comme un destin qui épie. Les travellings fluides, les plans serrés, les ralenties, les vues d'en haut, tout crée de la tension, on est avec lui, on souffre avec lui, on espère contre toute raison qu’il va s’en sortir, alors qu’on sait, dès le début, que c’est impossible. La caméra ne juge pas, nous murmure Tu vois bien qu’il n’a aucune chance… mais regarde-le essayer quand même.
Et surtout c'est : un film d’un homme qui court vers une lumière qu’il sait déjà éteinte. C’est ça, la vraie tragédie, pas la chute, mais l’espoir qui persiste.


