Les Liaisons dangereuses (Dangerous Liaisons)
C’est : ce jeu qui bascule, d’abord une distraction mondaine, où l’on séduit par ennui et brise des cœurs avec l’élégance d’un duel. Puis, soudain, tout devient vital, un regard de trop, une lettre mal placée, et le badinage se charge de mort. Frears montre comment l’oisiveté se mue en obsession, comment les personnages, ivres de leur propre cruauté, finissent dévorés par les flammes qu’ils ont allumées. On ignore quand le jeu s’arrête.
Et surtout, c’est ce contraste: d’un côté, l’aristocratie dans sa bulle dorée, où le pouvoir des femmes, clandestin par obligation, exercé par lettres et manipulations, s’exprime dans l’ombre des salons. De l’autre, le peuple, invisible mais omniprésent, dont les vies brisées servent de décor à leurs intrigues. Frears filme cette décadence en ballet gracieux et meurtrier, où chaque pas écrase un destin dans les coulisses.
Et au centre : la sublissime Michelle Pfeiffer


