La Grande Illusion*
C’est : ce titre, parfait et clairvoyant, qui résume à lui seul toute la puissance et la mélancolie du film. Renoir parle de l’idée que les frontières, les classes, les guerres elles-mêmes ne sont que des constructions éphémères, des leurres que les hommes s’inventent pour se donner l’illusion d’un ordre. Le vrai sujet du film, c’est ce qui persiste malgré tout, l’humanité qui perce sous les uniformes, la fraternité qui naît dans l’enfermement, et cette étrange lucidité des prisonniers qui savent, au fond, que leur combat est déjà perdu d’avance mais ils le continueront quand même car cela leur permet de se lever chaque matin, de croire en quelque chose, surtout quand tout s’effondre.
Et surtout c’est : La grande illusion, c’est de croire que le monde se divise en vainqueurs et en vaincus. Alors qu’au fond, il n’y a que des hommes perdus, solidaires, et désespérément humains.


