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Buffet froid* Buffet froid* Buffet froid*

Buffet froid*

Réalisateur: Bertrand BLIER
Durée: 95 min
Date:
Pays:
Avis de MG : Il fut une époque où la France produisait des comédies libertaires au mauvais goût assumé, des films qui ressemblaient un peu à des chansons paillardes. Les valseuses fait partie de cette mouvance, mais il est aussi beaucoup plus que ça. Si le film choque à l'époque c'est davantage en raison de ses personnages de voyous irrévérencieux qui crachent au visage de la bourgeoisie, que des scènes de sexe. Il fut une époque où Bertrand Blier faisait partie de notre panthéon de réalisateurs fétiches, grâce à son sens aigu des dialogues et au ton froid et distant employé dans Buffet froid, son film le plus abouti. Buffet froid n'est sans doute pas le film le plus délicat de cette sélection. Cette fable macabre demeure assez grossière, mais le décor bétonné de La Défense et les couloirs déserts du RER reflètent à merveille l'humour noir de Bertrand Blier, et ce film culte contient quelques morceaux d'anthologie qui ont participé à la création de notre mémoire collective.
Note:
Avis de MV :

 

C’est : ce bonheur rare de voir revoir et revoir un film qui n’obéit à aucune logique sinon la sienne, un objet cinématographique aussi mystérieux qu’envoûtant, où rien n’a de sens si ce n’est celui qu’on veut bien y projeter. Buffet froid est une énigme joyeuse un sommet d'humour noir, et on finit par comprendre que le vrai plaisir est justement de s’abandonner à son irrationalité. 

On accompagne des personnages qui, eux aussi, semblent perdus dans un monde qui ne leur ressemble plus comme des fantômes désorientés par un progrès qui les dépasse. Car c’est là, tout le génie du film ses comédiens incarnent des hommes qui ont vécu dans l’ancien monde, avec ses codes, ses rituels, ses certitudes, et qui se débattent maladroitement dans une époque en pleine mutation, avec ses changements sociaux brutaux, ses paysages urbains en pleine transformation, ses immeubles hideux qui poussent comme des champignons, ses rues où se croisent les vestiges du vieux Paris et les signes avant-coureurs d’un monde plus froid,  ils sont comme des dinosaures égarés dans un Paris des années 70 en pleine métamorphose, où les vieux cafés disparaissent sous les enseignes au néon, où les immeubles haussmanniens côtoient les barres HLM, où les repères s’effacent. Leur absurdité n’est pas jouée, elle est vécue,  ils parlent, agissent, aiment comme si le monde autour d’eux n’avait pas changé, alors que tout bascule

Et surtout c'est : le plaisir Infini d’un film sans règles et  l'absurdité tendresse des comédiens égarés entre deux mondes. Un film qui nous rappelle que, parfois, la seule façon de survivre au changement, c’est de continuer à avancer… même si on ne sait plus très bien où on va.
 
 
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