Carrie au bal du diable* (Carrie)
C’est : cette manière insupportable et géniale qu’a De Palma d'étirer le temps, de décomposer chaque geste, chaque regard, chaque humiliation jusqu’à ce qu’ils deviennent nôtres. Les ralentis, les split screens, ces effets qui pourraient sembler artificiels, deviennent des outils de torture empathique, ils nous obligent à voir ce que Carrie voit, à ressentir ce qu’elle ressent, à subir, seconde après seconde, l’horreur de sa vie, on est là, avec elle, piégés dans son cauchemar.
Les ralentis ne sont pas là pour embellir, mais pour nous forcer à endurer chaque instant, la moquerie des autres, la honte qui monte, la rage qui gronde etnous, nous sommes là, témoins impuissants, complices malgré nous.
Et surtout, c’est : Carrie au bal du diable, c’est le film qui nous rappelle que la vraie terreur n’est pas dans le surnaturel, mais dans l’empathie forcée. Et quand la vengeance explose enfin, c’est moins un soulagement qu’un vertige, parce qu’on sait que cette rage, on l’a portée en nous bien avant qu’elle ne dévore tout.


