Johnny s'en va-t-en guerre (Johnny Got His Gun)
C’est : ce mélange de sidération et de respect qui vous saisit devant l’écran. L’horreur, d’abord, cette prise de conscience brutale, presque physique, de ce que la guerre inflige aux corps et aux âmes, bien au-delà des champs de bataille. Un film qui ne crie pas, mais qui glace, parce qu’il montre l’indicible avec ce qu'il semble de la froideur.
Et surtout, c'est : ce respect immense, sans misérabilisme pour les combattants de 14-18, des hommes qui, malgré tout, ont marché vers l’enfer par sens du devoir. Pas des héros de cinéma, mais des soldats ordinaires, confrontés à l’innommable avec une dignité qui force l’admiration. Johnny s’en va-t-en guerre n’est pas seulement un réquisitoire contre les conséquences des conflits, c’est un hommage silencieux à ceux qui ont payé le prix de l’Histoire, sans vraiment de gloire, sans choix totalement délibéré, mais avec un courage qui dépasse l’entendement.

