L'Armée des ombres
C’est : un poids sur la poitrine, chaque fois que je pense à ce film. L’Armée des ombres n’est pas un souvenir, c’est une cicatrice, cette course contre les balles dans le sous-sol, haletante, désespérée, qui me hante depuis l’enfance. Les murs suintent la peur. Melville filme la Résistance sans héroïsme, juste avec la cruauté du réel, des hommes et des femmes ordinaires, poussés dans un coin, condamnés à choisir entre la lâcheté et la mort.
Et surtouit c'est : un film sur l’humanité à nu, ses faiblesses, ses sacrifices, ses illusions, ses espoirs. Et chaque fois que j’y repense, c’est la même oppression, le froid, la peur, et ce frisson dans le dos, serais-je à la hauteur ? Le film ne lâche jamais. Il est en moi, comme une balle logée.


