La peau douce
C’est : cette douceur enveloppante, ce calme trompeur qui imprègne chaque plan, chaque regard, chaque geste, comme si le film retenait son souffle, comme si tout pouvait basculer à tout instant, mais sans jamais crier, sans jamais forcer. c'est la performance de Desailly, tout en retenue et en douceur blessée, qui fait de La Peau douce un chef-d’œuvre. Il ne crie jamais, ne s’emporte jamais il essaie, simplement, désespérément, de faire les choses comme il faut. Il est l’homme qui veut bien faire, Il y a une tragédie dans cette douceur même, celle de voir un homme se perdre sans bruit, sans drame, presque sans s’en rendre compte.
Et surtout c'est : Truffaut filme cette chute avec une tendresse cruelle sans jugement, sans moralisme, juste avec cette évidence douloureuse, même les esprits les plus raffinés, les vies les plus bien rangées, peuvent être balayées par un désir, une folie passagère, un instant d’égarement. Et c’est ça, la beauté du film, montrer que la passion n’a que faire de la raison, que les hormones n’ont que faire de la culture, et que parfois, une vie entière peut basculer… sur un simple effleurement de peau douce.


