Classe tous risques
C’est : cet attachement déroutant pour un homme qui n’est libre qu’en apparence qui rend Abel Davos si fascinant et si tragique. On pourrait croire qu’il incarne la liberté absolue agir sans limites, assumer ses choix sans remords mais en réalité, il n’est que l’esclave de ses propres pulsions, il est prisonnier de ses désirs, de sa violence, de cette incapacité à se retenir, même quand cela détruit tout sur son passage. Il ne choisit pas sa vie ; il subit ses instincts, comme un animal sauvage qui charge droit devant, incapable de voir les murs qui l’enferment.
Pourtant, on s’attache à lui, malgré tout. Pourquoi ? Parce qu’Abel, dans sa déchéance, assume. Il ne se ment pas, ne se cache pas derrière des excuses. Il est brutal, mais honnête du moins avec lui-même. Et puis, il y a ces rares moments de grâce, où il semble hésiter, un geste vers son fils, une tentative de protéger ceux qu’il aime, une seconde d’hésitation avant de replonger. Ces instants fragiles et désespérés nous rappellent qu’il est encore un homme, même s’il a renoncé à se maîtriser.
Et surtout, c’est : nous faire aimer un homme parce qu’il est tragique, parce qu’il pourrait être autre chose, mais ne le sera jamais.

